SCÈNE PREMIÈRE
ZORAIDEj proche le palais d'Atland.
IYIédor me croit celle qu'il aime.
Et je ne sens nul changement; Il me suit, il m'adore. Heureux enchantement,
Je te dois plus qu'à mon amour extrême. L'art en amour, hélas ! sert plus que l'Amour même. Médor au fond d'un bois laissoit errer ses pas , Pendant que le sommeil retenoit dans ses bras
La beauté qui m'est si fatale.
A peine aî-je paru , que mes foibles appas Ont eu pour lui les charmes qu'elle étale : Il a suivi mon visage imposteur, Et je ne dois qu'à son erreur La frivole douceur
D'affliger ma rivale.
Tù dors d'un tranquille sommeil ,
Libre de toute inquiétude ,
Dans ta charmante solitude; Angélique, tu dors d'un tranquille sommeil: Orgueilleuse beauté , quel sera ton réveil !