‹ Poésies de SegraisChapitre 60 sur 92 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ZORAIDEj proche le palais d'Atland.

IYIédor me croit celle qu'il aime.

Et je ne sens nul changement; Il me suit, il m'adore. Heureux enchantement,

Je te dois plus qu'à mon amour extrême. L'art en amour, hélas ! sert plus que l'Amour même. Médor au fond d'un bois laissoit errer ses pas , Pendant que le sommeil retenoit dans ses bras

La beauté qui m'est si fatale.

A peine aî-je paru , que mes foibles appas Ont eu pour lui les charmes qu'elle étale : Il a suivi mon visage imposteur, Et je ne dois qu'à son erreur La frivole douceur

D'affliger ma rivale.

Tù dors d'un tranquille sommeil ,

Libre de toute inquiétude ,

Dans ta charmante solitude; Angélique, tu dors d'un tranquille sommeil: Orgueilleuse beauté , quel sera ton réveil !

Page 1