SCÈNE III
MELISSE, NEBELON, ASTOLFE, AIMON.
MELISSE.
Guérir par la raison un violent amour, Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour; rLc Dédain, un Dénit, des IVigueurs trop sévères
Ont effacé des passions légères.
Par les faveurs , même aux plus amovireux , Toujours finit l'Amour heureux ; Mais pour un amant véritable, S'il voit changer le sort Qui le rend misérable , Ce n'est que par le Temps, quelquefois par la Mort.
NEBELOK.
Par le Temps ! ô l'espoir frivole , Dans le malheur qui nous désole!
MELISSE.
Le Temps est le maître de tout ; Par le Temps il n'est rien dont on ne vienne à bout. L'Amour règne absolu sur tout ce qui respire ; Mais le Temps tient l'Amour sujet à son empire :
Le Temps seul vous peut soulager.
Pevi d'humains , il est vrai , savent le ménager ; Pour moi , je l'étudié et l'observe sans cesse ;
Je m'accommode à son humeur,
Aussi j'ai part à sa faveur.
Qu'il s'échappe, qu'il disparaisse, Le Temps me voit toujours l'attendre sans ennui ;
Et, toujours prête à changer comme lui, J'excuse sa lenteur, ou je suis sa vitesse.
Son temple est proche de ces lieux.
KEBELON.
Pourquoi le cacher aux j'eux ?