‹ Poésies de SegraisChapitre 84 sur 92 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

Des siècles ne sauroient faire autant de miiacles.

NEBELON.

Que vois-je, juste ciel! Pour lui seul le destin Fait le pouvoir sans borne et le bonheur sans fin. Je le vois sans égal dans la paix, dans la guerre, Et plus grand que son nom qui remplira la terre. Pour fruit de ses travaux il élève l'honneur, Et le mérite exquis jouit de son bonheur.

LE TEMPS

Porte plus loin tes yevix, découvre sans nuages D*un avenir heureux les charmantes images.

MELISSE.

Le Temps nous rit; je le vois dans l'humeur Qui fait espérer la faveur :

Parlez... Son front est trop sévère...

Il faut prendre le Temps , quand le Temps est prospère. La guérison d'un amant , Quand il le veut, ne dépend Quelquefois que d'un moment.

KEBELON.

Du monarque éternel sage et puissant ministre...

LE TEMPS

Ne m'expose rien de sinistre; Tournant mes yeux sur le passé, J'ai vu ce qui t'amène et Roland insensé. ( Il s'adresse aux Heure». ) Jeunes beautés, sœurs inégales En votre égaUté,

Dont les rigueurs ou les grâces fatales Font des humains l'heur ou l'adversité; Bien que chacune aux tendresses d'un père Soit également chère , Le destin de Roland , pour guérir sa fureur , Ordonne qu'une seule en emporte l'honneur. Partez donc , Heure fortunée , Aux grandes choses destinée; Allez, courez, volez. Je donne à vos momens Ce qu'à peine j'accorde à la longueur des ans; Effacez Angélique, employez ma puissance, Et ne vous laissez pas devancer par l'absence. Dans le cœur de Roland, avant votre retour, Faites régner la gloire et bannissez l'Amovir. Ternissez, emportez ces images charmantes Et séduisantes, Ces souvenirs flatteurs et vains Qui restent de ses feux, quand même ils sont éteints. l'heure du berger.

Si pour terminer sa souffrance.

Les ans sont des momens par ta toute puissance , Fais pour les heureuses amours Qu'au moins les momens soient des jours.

ASTOLFE

K'empêche point, Heure agréable, Que le Temps ne guérisse un amant misérable. J'en sais d'aussi fiers que Roland , Qu'Amour possède autant,

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