‹ Poésies diverses. Avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 106 sur 106 · Les États-Unis d'Ainérique · texte numérisé non relu

Les États-Unis d'Ainérique

258 Chevalier de Bonnard.

Qui fait prospérer les Etats.

De l'un et de l'autre hémisphère Je n'ai pas encor fait le tour; J'espère pourtant quelque jour Vivre en sûreté sur la terre :

Oui, j'espère dans deux cents ans Pénétrer jusque dans Byzance, M'asseoir au trône des sultans Pour y prêcher la tolérance, Boire des vins rouges et blancs Et faire fleurir les talents Dans le pays de l'ignorance.

Il faut tout attendre du temps : Des rochers, des landes stériles Deviennent des vergers, des champs Couronnés de moissons utiles.

Mais brisons là : c'est trop parler De mes droits sur l'espèce entière; O nation qui m'es si chère !

Avec toi tâchons de régler Ma querelle particulière.

Pour ne la plus renouveler;

L'indifférence décidée

Que vous témoignez pour ma loi,

François, vient de la fausse idée

Que vous avez prise de moi.

Je ne suis point une marâtre.

Un censeur morne et plein d'humeur,

Un précepteur acariâtre.

Poéj

dis

Blâmant toujours avec aigreur Ce qu'en secret il idolâtre.

Pour interdire tous plaisirs^ Qui peut me croire assez sauvage?

La Nature a fait les désirs ; Les bien régler est mon partage.

Si j'en ai condamné l'excès, J'en ai toujours permis l'usage, Et c'est l'abus seul que je hais.

Je sais bien qu'à votre souffrance, Il faut mêler quelque douceur; François, il vous faut une erreur :

J'}' consens, j'ai de l'indulgence; Que l'Amour ait la préférence.

Mais pour concilier nos droits, Avant de lui céder ma place, Faites-moi seulement la grâce De me consulter sur le choix.

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