‹ Poésies diverses. Avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 24 sur 106 · LE MARQUIS DE MORTEMART · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE MORTEMART

QUE j'aime en vous, mon cher marquis, Cet esprit sain, ce tact exquis !

Ce que donne l'expérience, Vous ne sauriez l'avoir acquis, Vous l'avez deviné d'avance.

A vingt ans vous fuyez la cour, Tout ce qu'à votre âge on encense.

Le jeu, les fêtes et l'amour,

Pour vous mûrir dans le silence.

Votre âme s'accroît, elle pense ;

Dans le travail de chaque jour

Vous voyez votre récompense.

L'amitié, mère du bonheur,

Divinité des cœurs honnêtes,

Est sûre, partout où vous êtes,

De trouver un adorateur.

En dépit de la flatterie,

Cz Chevalier de Bonnard.

Du rang et de la dignité,

Vous garderez, je le parie,

Votre amour pour la vérité,

L'indifférence réfléchie

Pour ce qui n'est que vanité.

Et cette sensibilité

Qui fait le charme de la vie

Et mène à la félicité.

Le public, ce juge volage,

Qui loue et qui blâme au hasard,

Admirant ce rare assemblage.

Deviendra juste à votre égard

Et dira de vous tôt ou tard

Que vous joignez l'âme d'un sage

A tout l'esprit des Mortemart.

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