A M. DE BONNARD
HIER, ami Bonnard, avec d'aimables fous, De pampre et d'immortelle ayant ceint notre tête. De l'amitié nous avons fait la fête Et t'avons bu par tous les bouts, En vosnes ta santé, tes plaisirs en Champagne, Et tes amours, que sagesse accompagne, En liqueur de madame Amphoux.
REPONSE
A M. GUENEAU DE MONTBEILLARD
LE vosnes, le Champagne, et puis madame Amphoux Sont un trio de bonne compagnie,
Mais qu'il faut fêter avec vous :
Car sans vous il n'est point d'orgie.
Santé, plaisir, amour, voilà nos biens parfaits; Voilà le vrai nectar et la pure ambroisie,
Que de sa main vraiment amie.
Nature distille à jamais
Pour bien f^iire goûter la vie.
Savourez-les longtemps, et toujours à grands traits. Pour moi, je meurs de peur, hélas ! que la sagesse,
Disposant seule de mes jours.
N'ait, sans pitié pour ma jeunesse,
Brisé le flacon des amours.
Sachant bien qu'à mon âge il faut une maîtresse, Elle m'en donne une de sa façon,
Que j'ai juré d'aimer sans cesse :
Cette maîtresse est la raison, Auguste et sublime immortelle,
Qui n'a, c'est bien assez, contre elle que son nom.
Aimons, faisons aimer ma conquête nouvelle ; Rendons-la, si nous le pouvons.
Douce et touchante autant que belle; Mettons-lui parfois des pompons; Égayons-la par des chansons, Et même avec elle buvons A ce qu'il faut quitter pour elle.
A MADAME