EN DONNANT UN SERIN
AIMÉ, chéri, caressé de Sylvie, Obtenant tout et ne désirant rien, Heureux oiseau ! que je te porte envie ! Et que mon sort est différent du tien ! Ah ! s'il étoit justice dans la vie, Tout ton bonheur devroit être le mien.
Faut-il te voir auprès de ma bergère, Sur ses genoux, sur son cou, sur ses bras. Les parcourant de ton aile légère, Impunément becqueter tant d'appas ?
S'il ne falloit que t'imiter pour plaire, Dieux ! quels plaisirs ne goûterois-je pas !
Va ! sois heureux autant que tu peux l'être. Que ma Sylvie écoute tes chansons !
176 Chevalier de Bonnard,
Chante l'amour et les biens qu'il fait naître; Peins-lui mes feux dans tes flexibles sons; Fais-la rêver, et mon bonheur peut-être Sera le fruit de tes douces leçons.