SONNETTO
Poiche giunta sarà la crudel' ora Che troppo a danni miei veloci e preste Batte l'ali, in cui dovrô da queste Piagge partir, che il vago Adige infiora.
Lontana uncor, o iiasca in ciel l'aiirora, O fuga il di, te andro con voci mcstc Cercando a patrii coUi ; e aile foreste L'amato nome ripetendo ognora.
Ces coteaux couronnés d'ombrages, Où du parfum des fleurs tout l'air est embaumé. Zilia, digne objet des plus tendres hommages, Toi seule embellissois à mes yeux ces rivages; Toi seule leur prêtois ton charme accoutumé : Ah! que me font h moi les champs et les bocages? Les beaux lieux ne sont beaux que par l'objet aimé.
Exilé désormais dans ma triste patrie,
Y cherchant, mais en vain, ma maîtresse chérie,
De douleur et d'amour je vivrai consumé.
Dans nos tristes forêts errant avant l'aurore. Rempli de ton image et pleurant mon malheur. On m'entendra nommer la beauté que j'adore. Dans le calme des nuits encore J'y parlerai de ma douleur.
Je rendrai le zéphyr confident de ma peine;
Je lui dirai : Messager des amants, Va, porte mes soupirs, mes pleurs, mes vœux constants
A la beauté dont je chéris la chaîne.
Dis-lui... Mais si de sa légère haleine Zéphyr avoit déjà dissipé tes serments.
Si, parjure à ta foi,... Mais non ! qu'osé-je dire!
Ma forse agli curi in preda andranno infrante Le tue promesse e i giuramenti tuoi Che su mille vergosti e mille piantc.
Crescete impresse di si cari ardori, Crescete amiche plante, e insiem di noi Benche divise, oh Dio ! crescan gli amori.
i88 Chevalier de Bonnar d.
J'en crois mon cœur, le tien, nos transports, mon délire; J'en crois mille serments que tu fis aux Amours; Ici, de toutes parts, ta main sut les écrire;
Garants du bonheur de mes jours.
Caractères sacrés, je veux encor vous lire. Ah ! je revois nos noms, nos chiffres enlacés ! A plaisir de sa main l'Amour les a tracés. Et vous qui nous prêtiez vos ombres tutélaires.
Arbres chéris des dieux, croissez, De nos plus doux secrets restez dépositaires. Qu'honorés des amants dans ces lieux solitaires, Nos noms, gardés par vous, n'}' soient point effacés. S'il y venoit un prof;ine, un impie,...
Agitez-vous et repoussez Les attentats d'une main ennemie.
Arbres chéris, je vous confie Tout ce qui reste, hélas! de mes plaisirs passés.
oP^=^.
VERS
Envoyés a madame la marquise de la T. D. P. M.,
sous le nom du père Jacques^
gardien des Capucins de Grenoble
GRACIEUSE beauté, vous nous cachez en vain Ce que durant les nuits de vous on s'imagine; Votre taille et vos yeux feroient rêver un saint,
Et ce songe-là se devine.
Hier je vous ai vue et j'ai rêvé soudain. Heureux, cent fois heureux celui qui sait vous plaire ! Sans doute il est pour lui bien d'autres voluptés ; Mais les rêves, hélas ! sont nos réalités : Des fils de saint François c'est l'épave ordinaire. Vous qui, sans le savoir, inspirez tant d'amour, Ah ! combien vous auriez à faire De réaliser chaque jour Les rêves que la nuit vous nous avez fait faire !