Donné pour la premiiire fois par Tédition de
Et sûrement je hi tiendrai.
Toutefois, jeune Alexandrine, Si, m'attirant par votre accueil, Je vous voyois, tendre et badine, Me regarder du coin de l'œil Avec votre drôle de mine, Hélas ! ce que c'est que de nous !
Malgré la raison que j'implore, Leurré par un appeau si doux, Peut-être j'aimerois encore Et je ferois des vers pour vous.
A MADAME DE
Dottt sainte Suzanne est la patronne i
EN vrai lion, la première Suzanne Se défendit contre deux vieux coquins, Qui pour ses deux yeux noirs et ses appas divins Brûloient d'un feu plus que profane.
C'étoit beaucoup de résister à deux !
Mais contre un seul, tout de bon se défendre. Contre un seul, jeune et beau, respectueux et tendre. Insinuant et vif, amateur des yeux bleus. Que protège l'amour, que le moment seconde, Le triomphe seroit encor plus glorieux : Qu'en dites-vous, madame la seconde ?
I, Almanach des Muses, 1781.
RÉPONSE
lE MADAME LA COMTESSE DE BEAUHARNOIS
Aux vers de M. Doigny du Ponce au i
OUI, chaque fois que je vous lis, Je suis contente de moi-même, Vous embellissez mes écrits :
Quand vous les chantez, je les aime.
A parler pourtant sans détours.
Votre aveuglement est extrême ; Mais il vous sied comme aux amours.
Gardez leurs bandeaux, leurs chimères ; Ils vous diront, s'ils sont sincères, Que les erreurs font leurs beaux jours.
I. La comtesse de Beauharnois ayant fait paraître, en 1774? une petite brochure in-B" de 28 pages avec ce titre : .1 tous les penseurs, salut, M. Doigny du Ponceau lui adressa une pièce de vers sur cet ouvrage. La comtesse de Beauharnois lui répondit par les vers que nous reproduisons.
Chevalier de Bonnard.
Ils me semblent insupportables,
Nos critiques trop clairvoyants !
Je n'ai que de foibles talents ;
Il me faut des juges aimables,
Et qui ne passent pas trente ans.
La sombre raison me désole ;
Je hais ses calculs, sa froideur;
Elle analyse le bonheur :
Tandis qu'on en parle, il s'envole.
Vos ouvrages le peignent mieux
Que la triste philosophie ;
Jeunes sages sont ma folie :
Dans l'âge mûr, je m'en défie,
Et je les plains, quand ils sont vieux.
VERS
A MADAME LA COMTESSE DE BEAUHARNOISl
JEUNES sages sont ma folie. ■ Ce vers heureux, ce vers charmant.
De l'esprit est-ce une sailHe?
Exprime-t-il un sentiment?
Je n'en sais rien, belle Zélie; Mais je sens bien auprès de vous Que les penseurs de tous les âges, Les soi-disant et les vrais sages, Quand vous voudrez, deviendront fous.
I. Almanach des Muscs, 1775. — Ces vers sont une réponse à la pièce précédente.