‹ Poésies diverses. Avec une notice biobibliographiqueChapitre 23 sur 52 · M. le duc de Chartres · texte numérisé non relu

M. le duc de Chartres

2. Le duc de Chartres suivit de près dans la capitale le courrier qui portoit la nouvelle du combat et de ses résultats. « Il fut reçu à l'Opéra, dit un historien, comme l'eût été le vainqueur de Fontenoy, de Rocoux, et de Lawfelt. » Mais les dispositions de la cour et du public à son égard changèrent ensuite, sur quelques inculpations qu'il est inutile de rappeler ici.

po

Poésies de Gilbert.

Couple heureux ! Plaisirs purs, où leur âme se noie,

Croissez de la publique joie Et de l'abaissement de nos fiers ennemis.

Aux armes ! fils des rois ; nos vaisseaux vous demandent,

Impatients du port et de l'oisiveté;

L'Anglais, pour avoir fui, n'est pas cncor dompté ;

D'illustres dangers vous attendent :

Aux armes ! que l'honneur vous enlève à l'amour. De nouveau sur les mers tout Albion s'avance,

Et, triomphant de votre absence, Par d'insolents défis presse votre retour.

Quel tumulte ! quels cris d'allégresse et de guerre ! Annoncent-ils Bourbon aux rivages français .'' C'est lui-même; soldats, illustrés d'un succès.

Fendez les eaux, fuyez la terre ; Périssent les Anglais et leurs défis altiers ! Ciel ! que de sang versé teindra l'humide plaine

Des deux côtés l'onde promène Des forêts, des cités enceintes de guerriers.

Bientôt vous entendrez, par cent bouches rivales. L'airain contre l'airain tonnant avec fracas; Vaisseaux heurtant vaisseaux, soldats contre soldats.

Epuisant leurs haines natales.

Triomphons ou mourons ; quel opprobre éternel, Si la plus noble paix, digne prix de nos armes.

Ne suit les premières alarmes Dont Louis voit troubler son règne paternel !

Odt

Songez, en défiant l'Anglais et les tempêtes, Que si vous prodiguez votre sang généreux, Ce n'est point pour tenter un de ces vols heureux,

Ennoblis du nom de conquêtes.

Français, vous combattez pour l'honneur des Français; Vos affronts commandoient la guerre qui s'élève;

Un siècle efféminé s'achève, Qu'un siècle de grandeur s'ouvre par vos succès.

Vengez-nous ; il est temps que ce voisin parjure Expie et son orgueil et ses longs attentats ; D'une servile paix, prescrite à nos Etats,

C'est trop laisser vieillir l'injure* :

Dunkerque vous implore; entendez-vous sa voix Redemander les tours qui gardoient son rivage,

Et de son port, dans l'esclavage.

Les débris s'indigner d'obéir ù deux rois?

Dieu, qui tiens sous tes lois la fuite et la victoire. Toi dont le souffle apaise et soulève les eaux; Qui pousses à ton gré les empires rivaux

Vers leur décadence ou leur gloire; Si l'injustice arma nos ennemis jaloux, A nos vaisseaux, conduits par tes mains tutélaires,

Soumets les vents auxiliaires ; Descends, Dieu des Bourbons, et combats avec nous.

I. La paix de Paris da 10 février 176J. Par l'un des articles de ce traité, la France s'engagea à démolir les fortifications de Dunkerque du côté de la mer.

92 Poésies de Gilbert.

Des vertus de Louis récompensant la France, Tu permets qu'il revive en sa postérité ; De ce palmier tardif un rameau souhaité

Est promis à notre espérance^:

Naissez, fils de l'Etat, pour le voir triomphant ! Grand Dieu, tu ne veux point, déshonorant nos armes,

Troubler, par le deuil et les larmes, Les fêtes qu'on prépare à ce royal enfant.

Non, généreux guerriers; cet enfant vous présage Et la faveur du ciel et des lauriers certains : Cette épée en fureur, qui s'agite en vos mains.

Lui doit la mer pour apanage.

'Nuit qui sauvas l'Anglais, prompt à fuir nos vaisseaux. C'est toi que j'en atteste, et toi, guerre intestine,

Oui tiens la dernière ruine Pendante sur le front de ces tyrans des eaux.

O vous qu'ils opprimoient, fils des mêmes ancêtres, Racontez leurs revers, enhardissez nos coups. Colons républicains, par la victoire absous

D'avoir banni d'injustes maîtres; Français par l'amitié, depuis ce jour vengeur Où Vergennes, du monde assurant la balance,

Consacra votre indépendance, Et défit Albion par un traité vainqueur"-.

1. La reine étoit alors fort avancée dans sa première grossesse. Au mois de décembre suivant, elle donna le jour à Madame, duchesse d'Angoulême.

Page 1