‹ Poésies diverses. Avec une notice biobibliographiqueChapitre 37 sur 52 · A MADEMOISELLE ROSALIE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE ROSALIE

Vous voulez donc toujours m'accùser d'imposlure? Plus de ma vive ardeur ma bouche vous assure, Moins votre esprit m'en croit, plus je suis maltiaité ! O chère Rosalie, avec tant de beauté, Doit-il être étonnant que vous charmiez une âme ? « C'est avec moins de feu que s'exprime un amant. s> Cruelle ! dites mieux ; quand un cœur est de flamme. L'homme ne doit jamais s'exprimer froidement. Mais de vos cruautés je vois la source amère : De peur d'être contraint d'y donner du retoui-, Souvent de fourberie on accuse l'amour; Et si j'étois aimé, vous me croiriez sincère.

Quand je vous dis, Ces 3'eux vont droit au cœur, Les Grâces de leurs mains ont formé ce visage. Vous répondez : L'amant est tendre et non flatteur.

I. Celte pièce n'a été publiée par l'auteur que dans la première édition de son Début poétique.

Eh bien ! vous le voulez, je change de langage ; Ecoutez-moi : Ces yeux ne disent jamais rien, Ce teint fade est semblable à la rose séchée ; Rien ne séduit en vous... Quoi! vous voilà Aichée ! Je vous parois grossier!... je le prév03'ois bien. Dites-moi donc comment je dois parler pour plaire ; Peut-on ne pas louer l'objet de son ardeur.' Peut-être, en vous vantant, qu'à vos 3-eux j'exagère; Mais je dis moins encor que n'aperçoit mon cœur.

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