‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 14 sur 91 · LE JOUR DES MORTS · texte numérisé non relu

LE JOUR DES MORTS

Qui meurt avec l'été.

La terre est une tombe, un vaste cimetière

Où dorment nos aines.

A peine reste-t-il de mainte race altière,

Quelques os décharnés.

De l'Aurore au Couchant, de l'Equateur aux Pôles,

Déjà le genre humain Jonche de ses débris d'immenses nécropoles

Où nous serons demain.

Aujourd'hui, l'œil en pleurs, nous pensons à nos frères

Qui nous ont devancés ; Nous offrons au Très Haut nos vœux et nos prières

Pour nos chers trépassés.

Et ces êtres chéris, joyeux de voir notre âme

Fidèle au souvenir.

Sur nos tendres regrets versent, comme un dictame,

L'espoir en l'avenir.

Dieu grava dans nos cœurs un sentiment suprême

Qui survit au trépas :

Au delà du tombeau, comme ici bas, l'on s'aime.

Car l'amour ne meurt pa^î.

Des nuages d'encens, sous les sacrés portiques,

Exhalent leurs parfums, N nis croyons voir flotter, grandes ombre.s mystiques,

Les âmes des défunts.

Les mûrs drapés de noir répandent les ténèbres

Dans le temple de Dieu ; Les morts, se relevant de leurs couches funèbres,

Vont prier au saint lieu.

Ils mêlent leurs accents aux ardentes prières

Des vivants, nés mortels, Heureux de retrouver leurs amis et leurs frères

Aux pieds des saints autels.

Fall Kiver, 2 novembre 1885.

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