LE DEPART DOULOUREUX
Madrigal,
QUAND on peut se résoudre à quitter sa maîtresse^ Sans pleurer de regret, sans mourir de douleur, On n'a jamais senti cette vive tendresse Qu'un véritable amour allume dans un cœur.
Votre charmant visage est Tastre qui me guide. Je tombe loin de vous dans rhon*eur de la nuit; C'est dans vos yeux brillants que mon âme réside, Loin de vous le péril en tous lieux me poursuit.
Je pars, ô ciel! je pars; un ordre trop sévère Aujourd'hui me condamne à ce funeste sort Tous les dieux ont sur moi déployé leur colère. Ahl pourquoi, dieux cruels I différez-vous ma mort?
Quel frisson me saisit? Mon âme est oppressée; Tout mon sang engourdi refuse de couler;
30 Desforges-Maiîlard.
Et, pour vous dire adieu, ma langue embamssée Se confond, et n'a plus la force de parler.
Douce félicité, tu vas ni'Stre ravie 1 Corinne, je vous quitte, fl voy^e cruel !
Aimable et cher objet, si je reviens en vie, II &ut, n'en doutez pas, que je sois immortel.