‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 31 sur 83 · LES AVOCATS CHARITABLES · texte numérisé non relu

LES AVOCATS CHARITABLES

ÉpigTi

amme.

UN gras meunier frappoit avec furie Un baudet maigre, accablé sous le faix :

Deux avocats, au sortir du Palais^ A ce spectacle eurent l'âme attendrie.

« Ho ! cria l'un, arrête, gros manant^ Épargne un peu cette chétive bête; Autant vaudroit l'écorcher à l'instant. »

Alors le drôle, ôtant d'un air honnête Un vieux chapeau qui flottoit sur sa tête.

Moins noir que blanc, par trop longtemps porté : « Excusez donc, dit-il, ma liberté.

Monsieur mon âne : entre nous sans rancune.

Point jusqu'ici, noble roi des baudets, Foi de meunier, n'avois créance aucune Qu'eussiez amis et parents au Palais. »

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ÉPIGRAMME

ON pauvre ami, sais-tu pourquoi Les neuf Sœurs ne sauroient faire un seui mariage ?

Tu vas me dire (je le voi)

Que c'est à cause de leur âge,

Trop avancé pour le ménage.

Tu te trompes, mon cher. C'est donc, ajoutes-tu,

Qu'elles sont laides de visage.

Point du tout 1 Eh quoi donc ? Ahl c'est que leur vertu Promit au célibat un étemel hommage ?

Ami, du vrai sujet tu t'écartes encor :

C'est que l'avare Hjrmen ne recherche que l'or;

Et les Muses, quoique gentilles.

Et d'un mérite très connu.

N'ont leur bien qu'en esprit, stérile revenu.

Qui les oblige à rester filles.

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