PAR MADAME DESFORGES-MAILLARD
TITON, mon mari moralise ;^ Moi qui songe moins creux que lui, Jévite, en pensant à ma guise, Tout ce qui cause de l'ennui.
Les plaisirs vont bien à tout âge :
Et lorsque réglant ses désirs On sait en tirer avantage, Uâge ne nuit point aux plaisirs.
Le froid Janus ouvre Tannée Par les glaçons et les frimas \ Dans son inclémence obstinée, Tâchons de trouver des appas.
i8 D e sfor g es' Maillard,
Que nous font les fleurs printanières ?
Est-il des moments plus heureux Que ceux que Ton passe aux lumières, Parmi les fêtes et les jeux ?
Le Printemps n'est pas sans froidure, L'Été brûle, en Automne il pleut :
UHiver, auprès d'un feu qui dure, On se fait la saison qu'on veut.
Horace dans ses vers funèbres Nous jette, couverts de cyprès.
Dans des royaumes de ténèbres, Où la nuit ne finit jamais.
D'où savoit-il qu'il y fît sombre ?
D'ailleurs, y devant tous aller.
Le plaisir d'être en si grand nombre Dut servir à l'en consoler.
Ami plus cher que tous les autres, Rare exemple de probité.
Lé ciel ne seroit pas des nôtres S'il ne prolongeoit ta santé.
Je ne brigue point une place (Je ne l'aurois que par faveur) Sur ton magnifique Parnasse :
Je n'en demande qu'en ton cœur.