EPITAPHE D'UN HOMME
Qui vécut et mourut en tnarguis petit-mâUre,
SOUS cette pierre est enterré Un marquis digne qu'on le note ; Pour porter un habit doré Il alloit vivre à la gargote, Et puis, son cure-dent en main.
Petit-maître à Tair vif et fade.
Quoique son ventre ne fût plein Que de merluche ou de salade, Nous regardoit avec dédain.
Se carrant à la promenade.
Ce misérable trépassé Ne seroit point sitôt passé Si, renonçant à la dorure.
Son corps eût été mieux pansé.
Passant, qui vois sa sépulture, N'imite pas cet insensé :
Poésies diveriei.
Mieux vaut, sous un habit de bure.
Vivre muni d'un bon dîné, Qu'^Mkrgnant sur sa nourriture
Mourir de feim tout galonné.