‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 77 sur 83 · LA FEMME ET LA MOUCHE · texte numérisé non relu

LA FEMME ET LA MOUCHE

Fable,

GRONDEUSE en son vivant, babillarde sans fin, La marquise Grognac, de chagrine mémoire. Vit dans son cabinet comme une tache noire

Sur sa robe de blanc satin Pendue à la bergame. A l'instant elle appelle

Sa chambrière Perronnelle Et son valet François. « Qui de vous, grand nigaud,

Ou de vous, tête sans cervelle, A taché mon habit ? » Tous les deux aussitôt : « Ce n'est pas moi, ni moi. — Personne ? reprit-elle.

Personne casse ma vaisselle.

Personne ouvre l'office et vient manger mon rôt. Personne boit mon vin, dérobe ma chandelle, Personne fait ici tout le mal. » Et d'aller

Maint bon soufflet par la moustache,

Quand, lorgnant de plus près, elle voit s'envoler Une moucbe; et c'étoit tout justement la tache.

Maîtres, régents, préfets, qui ne pardonnez rien. Ne punissez jamais sans y regarder bien.

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