‹ Poésies diverses de Gilbert avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 12 sur 51 · DE SALM-SALM · texte numérisé non relu

DE SALM-SALM

CE soleil qui nous luit, le monde entier Fappelle Roi des astres nombreux dont l'Olympe étincelle, Et chef-d'œuvre du Tout-Puissant.

£st-il donc le plus grand des flambeaux de la terre, Ou le plus élevé dans le champ du tonnerre ?

Non, non; mais il est bienfaisant.

Tel on distingue Salm dans la foule des princes : Qu'un autre sous ses lois compte plus de provinces,

Qu'il ait plus de rois pour aïeux ; Eh quoi I de la grandeur sont-ce donc là les marques ? S'il fait le moins d'heureux, le premier des monarques

Est le dernier devant mes yeux,

68 Poésies de Gilbert,

Oh I si tu dois un jour, protecteur populaire, Me prêter un abri sous l'ombre tutélaire

Dont tu couvres tant de mortels; Oui, je veux à son char lier la Renommée, Et que la main du Temps, par mes chants désarmée.

Ne puisse briser tes autels.

Le génie est semblable à la vigne fertile :

Est-elle sans soutien, l'on voit sa tige utile

Ramper en étendant ses bras; D'un raisin égaré que son front se couronne, De poussière souillé, vert encore en automne,

On le bannit de nos repas.

D'un orme généreux est-elle soutenue, Elle s'élève alors, suspend près de la nue

Ses fruits qu'ont mûris les beaux jours.

Enivre les humains de sa douce ambroisie. Et, quand l'ormeau vieilli n'est plus qu'un tronc sans vie,

Fleurit et l'embellit toujours.

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