I. Publié dans le Début poétique, en 1771 et
ii8 Poésies de Gilbert,
Toi qui me répétois les chants de ma Sylvie, Quand, seule, elle vantoit les douceurs de sa vie, Uentends-tu ? parle, écho ; dis, me la rendra-t-on ? Hélas ! il semble qu'il dit non.
Mais quel son a frappé mon oreille éperdue ?
Peut-être est-ce un soupir de ma divinité,
Qui dit à mon cœur agité :
Viens, elle te sera rendue.
C'est elle ! ô doux retour ! hâtons-nous d'approcher. J'entends ses pieds fouler les feuilles gémissantes ; Mais non... c'est ce ruisseau qui va contre un rocher Briser, en murmurant, ses ondes blanchissantes.
Ce ruisseau murmurer ?... Il gémit sur mon sort. Ces arbres attristants et voués à la mort
Qui couronnent ces rives.
Ces sapins, ces cyprès, leur morne majesté.
Ces bois silencieux, leur vaste obscurité.
Tout semble prendre part à mes douleurs plaintives.
Ah ! revînt-elle encore, il ne sera plus temps. Ses yeux, au lieu de moi, retrouveront ma cendre ; Et les pleurs que sur elle on la verra répandre. Ses regrets douloureux, ses longs gémissements. Viendront au tombeau même éveiller mes tourments.