STANCES
QUE j'aime ces bois solitaires !
Aux bois se plaisent les amants ; Les nymphes y sont moins sévères, Et les bergers plus éloquents.
Les gazons, Tombre, et le silence, Inspirent les tendres aveux ; L'amour est aux bois sans défense ; C'est aux bois qu'il Êiit des heureux.
G vous qui, pleurant sur vos chaînes.
Sans espoir servez sous ses lois.
Pour attendrir vos inhumaines, Tâchez de les conduire aux bois !
I. Ces stances n'ont pas été imprimées da vivant de l'auteur, ni même avant 1788, époqae oà elles parurent dans Il première édition de ses œuvres, donnée par le libraire Le Jav.
124 Poésies de Gilbert,
Venez aux bois, beautés volages ; Ici les amours sont discrets :
Vos sœurs visitent les ombrages.
Les Grâces aiment les forêts.
Que ne puis-je, aimable Glycère, M'y perdre avec vous quelquefois !
Avec la beauté qu'on préfère Il est si doux d'aller aux bois !
Un jour j'y rencontrai Thémire, Belle comme un printemps heureux ; Ou son amant, ou le zéphyre Avoit dénoué ses cheveux.
Je ne sais point quel doux mystère Ce galant désordre annonçoit; Mais Lycas suivoit la bergère, Et là bergère rougissoit.
Doucement je l'entendis même Dire au berger, plus d'une fois :
O mon bonheur ! ô toi que j'aime !
Allons toujours ensemble aux bois.
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