LA MARQUISE DE GANGE
A SA MÈREi
MA mère... je frémis ! que vais-je vous apprendre ! Aurez- vous, sans mourir, la force de m'entcndre? C'étoit peu que le ciel, brisant un nœud chéri. Vous donnât à pleurer la perte d'un mari; Il vous restoit au moins, pour essuyer vos larmes, Un objet où vos yeux en retrouvoient les charmes ; Mais cet objet si cher, l'orgueil de votre amour, Le seul fruit de vos feux qui vît encor le jour, Hélas ! quoique innocente, à souffrir condamnée. Loin de vous votre fille expire assassinée...
Vous pleurez I... et je suis la cause de vos pleurs ! J'ai dû taire mon sort, vous cacher mes malheurs;