‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 37 sur 93 · A MADAME DE C · texte numérisé non relu

A MADAME DE C

Pour sa fête, le jour de Saint- Louis

Air : Jt ne veux plus aimer Annette.

CHANTONS versets, hymnes et proses, Avec Louise, à tous refrains ; Pour qui connoît le prix des choses Les bons Louis sont de bons saints :

Devant eux, le vieillard, Tadulte, A deux genoux sont en tout lieu ; Aux vrais Louis on rend un culte Bien plus sincère qu'au vrai Dieu.

Mais bien qu'une image adorée

Trouve partout tant de dévots;

Bien que la légende dorée

N'ait point de plus brillants héros.

Tous les fidèles de l'Église

De tant d'éclat moins éblouis,

De bien bon cœur, pour ma Louise,

Laisseroient là tous les Louis.

8o Chevalier de Bouffi ers.

Voyez comme elle est belle, celle Que célèbre ici notre amour; Le soleil se cache, et c'est elle Qui devient Tastre de ce jour; Qu'importe que le temps se couvre ?

Fût-il cent fois plus nébuleux, On croit toujours que le ciel s'ouvre Lorsqu'il offre un ange à nos yeux.

O ma Louise ! heureux qui touche De tes bras l'ivoire poli ; Qui d'un sourire de ta bouche Croit voir son destin embelli f Le doux son de ta voix s'accorde Au doux feu qui luit dans tes yeux, Et tes cheveux servent de corde A l'arc du plus malin des dieux.

En vain Gérard qui l'auroit peinte L'oflfriroit à l'œil éperdu ; Qui n'aura fait que voir ma sainte Peut dire encor qu'il n'a rien vu :

Louise tendre, et douce, et fière.

Cache, sous des dehors si beaux.

Un cœur de fille, un cœur de mère, Un cœur d'ange, un cœur de héros.

D'une touchante bienfaisance Elle aime et fait aimer les lois; La gaîté moins que la souffrance Sur cette belle âme a des droits.

Chansons.

L'amour seul en secret l'accuse D'être insensible S la pitié, Et se plaint qu'elle lui refuse Pour donner plus à l'amitié.

Fille des Muses, leur o Lui plall, eUe aime leurs travaux ; Ses maîtres, dans l'art qu'elle exerce, D^ ne sont que ses rivaux ; Bonne à voir, meilleure 2i connoltre, hrÊùte en tout, hors en un point, Louise a peu de goût peut-être, Car elle ne s'admire poinL

COUPLETS

Chantés à Saint- Germain pour la convalescence

de Af» Dubreuilf médecin, par mada$ne de Tott,

qu'il avoit tirée d'une maladie mortelle

Air : Avic les jeux dmu h village,

EN sortant d'une nuit profonde Je reprends un être nouveau :

Quand on revient de l'autre monde On trouve celui-ci bien beau :

Tout rit à la foible Sophie, Tout conspire à la ranimer.

Et celui qui lui rend la vie La lui fait encor mieux aimer.

Sans le nommer, rendons hommage Aux vertus de mon bienfaiteur; C'est lui dont l'art fait vivre un sage *

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