‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 58 sur 93 · LA BERGÈRE · texte numérisé non relu

LA BERGÈRE

Air du Mot pour rire.

DANS de riches appartements On a vingt meubles différents.

Un seul m'est nécessaire.

Mieux qu'avec un sofa doré Mon petit réduit est paré D'une simple bergère.

L'étoffe en est d'un blanc satin.

Elle a de la fleur du matin

La fraîcheur printanière- Le lustre en est aussil parfait Que le même jour que j'ai fait

L'essai de ma bergère.

Dans des contours bien arrondis.

Entre deux coussins rebondis, Mop. bonheur se resserre ;

ïj6 Chtvalitr dt Bouffltrt.

J'aime à m'y sentir à l'étroit, Et chaudement, quand il foit froid.

Je suia dans ma bergère.

Le jour, la nuit, nna embarnu, J<^reux, je goftte dans ses bras

Un repos salutaire.

Avec délice je m'étends :

Ah 1 quel plaisir quand je me uns

Au fond de ma bergère !

Je n'en sors qu'avec dei regrets; Souvent j'y rentre, et j'y voudrois

Rester ma vie entière.

Je lui sais plus d'un amateur, Jdais c'est moi seul qui par bonheur

Me sers de ma bergère.

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