‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 67 sur 93 · IMITATION · texte numérisé non relu

IMITATION

d'un fragment de claudien

HEUREUX qui, dans son champ demeurant à l'écart Sans crainte, sans désirs, sans éclat, sans envie. Dans l'uniformité passa toute sa vie, Et que le même toit vit enfant et vieillard ! .

Jadis il a bondi sur ce même rivage

Où son corps épuisé se repose aujourd'hui ;

Il folâtroit, dans son jeune âge, Sur ce même bâton qui devient son appui.

Non loin de sa demeure est une forêt sombre, Dont avec sa jeunesse il vit croître le plant : Et ce chêne touffu qui lui prête son ombre Dans ses jeunes mains fut un gland.

Traductions et Imitations. 163

A son char vagabond la Fortune légère

Ne le tint jamais enchaîné :

De climats en climats il ne s'est point traîné Pour chercher le bonheur et trouver la misère.

Son verger pour sa table offre d'assez bon fruit ; Il trouve assez de goût à Teau de sa fontaine ;

Et même k la ville prochaine La curiosité ne Ta jamais conduit.

L'ouvrage et le repos remplissent ses journées ; De l'histoire de Rome il ne s'informe pas;

Et, pour supputer les années.

Il compte les moissons, et non les consulats.

Par les tributs divers que la saison lui donne, Sans le secours d'un livre, il divise les ans; Aux fleurs il connoît le printemps, Et les fruits lui marquent l'automne.

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