D*UN PASSAGE DE SÉNÈQUE LE TRAGIQUE
Dans les Troyennes
QUAND on souffre, on se plaît à voir soufirirles autres; Lorsque mille soupirs viennent s'unir aux nôtres, La douleur est moins vive au fond de notre oœar; L'infortuné s'irrite à l'aspect du bonheur; Il frémit en pensant que le Ciel qtd l'exprime Entre tous les humains l'a choisi pour victime. Qu'il ait des compagnons, il n'a plus de courroux : Et chacun souffre moins dans le malheur de tous. Le pauvre, loin du riche, auroit plus de constance ; Et s'il ne falloit pas, au sein de l'indigence. Que d'un faste insultant ses yeux fussent témoins. Sans voir finir sa peine, il s'afHigeroit moins.
TRADUCTION