IMITATION
DE L'ODE D'HORACE SohitMT acris hUms
LE printemps vient briser les chaînes de l'hiver ; Il rend Therbe à nos prés, à nos bois le feuillage, Et nos vaisseaux, longtemps oisifs sur le rivage, A Taide du levier sont rendus à la mer.
Je vois de nos troupeaux les étables ouvertes, Je vois de nos bergers les cabanes désertes ; La pureté du ciel et la douceur de Tair Ramènent les amours, les chansons et la danse. Aux rayons de Phébé, les grâces en cadence Foulent d'un pied léger l'herbe de nos coteaux ; Des nymphes d'alentour j'entends les voix touchantes; Vulcain même y répond de ses forges brûlantes, Et semble à leur concert accorder ses marteaux. Aux fêtes, aux plaisirs, bergers, qu'on se prépare : Entrelacez le myrte, et mêlez-y les fleurs Dont la terre amollie à chaque instant se pare ;
178 Chevalier de Bouffleru
Pour chanter, pour danser, unissez-vous on ctaœuis; Au fond des boi« sacrés qu'un saint lële vous guide. Faune aime à s'égarer dans l'ombre de nos bois; Sur son rustique autel immolez, à sou choix.
Le chevreau bondissant ou la brebb timide.
Hltez-vous de jouir des jours qui sont à vous; Hélas ! la pile Mort frappe des mêmes coups Et les palais dorés et les pauvret chaumières; Nous projetons beaucoup, mais nous ne vivons guères; Les mânes et leur dieu sont déjà près de nous; Chaque pas nous conduit à leurs demeures sombres ; Que deviendront alors les liirftces, la beauté, Et de nos gais festins la courte royauté ?
Plus de chants, plus de jeux, plus d'amour chec les ombres.
TRADUCTION
DE l'ode D'HORACE
E heu / fugaces. Posthume
LES ans sont un torrent; la vieillesse a des ailes; La vie est le chemin qui conduit au trépas.
La piété, soumise à ses lois éternelles.
Les suit sans murmurer et ne les change pas.
Les sacrifices, les prières Ne sauroient apaiser le roi des sombres lieux ; Les pleurs qui mouillent nos paupières N'en font point couler de ses yeux.
Le triple Géryon, l'indomptable Titye,
De son joug ont senti le poids ; A tout ce qui jouit du bienfait de la vie Le souverain des morts imposera des lois.
i8o Chevalier de Bouf/iers.
Aux rois comme aux bergers il fera passer Tonde, Les vainqueurs porteront ses fers.
Et tous les habitants du monde Seront habitants des enfers.
Loin du tumulte et du carnage En vain cherchons-nous de longs jours :
Loin des vents malfaisants et du bruyant orage^ Nous essayons en vain d'en assurer le cours.
Nous verrons le Coc3rte en des plaines arides Rouler péniblement ses languissantes eaux ; De Sisyphe et des Danaïdes Nous irons voir les vains travaux.
Tes trésors, ta maison et ta compagne aimée, Tout deviendra pour toi des objets de regrets ; De tant d'arbres divers dont ta vue est charmée, Ua seul suivra son maître; hélas! c'est le cyprès!
Cet or qu'avec soin tu resserres; Ton héritier l'attend, qui le dissipera; Et les plaisirs que tu diÔères Ton héritier les goûtenu