CHANSON A MADAME DE L
A qui madame de Z***^ sa grand' mère,
et tante de V auteur ,
avait donné pour étrennes un fichu de tourière
et un tablier de cuisinière garni de dentelles
Air : Philis demande son portrait.
J'applaudis à l'emploi nouveau Qu'on donne à ma cousine; Jamais aussi friand morceau N'entra dans la cuisine :
Elle auroit tort de répugner
A l'état qu'elle embrasse; C'est où le bon goût doit régner Qu'elle est mieux à sa place.
On sait que des goûts délicats Son goût est le modèle ;
Ceux même qui ne le sont pas Le deviendroient pour elle ;
11^ Chevalier de Bouffi ers.
Mais, ma tante, on vous avertit Que votre cuisinière
Ne sait qu'éveiller l'appétit, Et point le satisfaire.
A LA TOURIERE.
Vous en qui mon œil prévenu
Vit une cuisinière, Passez-moi d'avoir méconnu
La plus digne tourière.
Pieux costume, doux maintien,
Prévenance discrète :
O ma tourière ! on le voit bien,
Au tour vous êtes faite.
Entre la grille et les mondains
Ma divine tourière Semble habiter sur les confins
Du ciel et de la terre.
Tous deux, à son aspect émus.
Doivent rendre les armes :
Les immortels à ses vertus,
Les mortels à ses charmes.
COUPLETS