‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 83 sur 98 · A M. DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

A M. DE BOUFFLERS

TES voyages et tes bons mots, Tes jolis vers et tes chevaux Sont cités par toute la France :

On sait par cœur ces riens charmants Que tu produis avec aisance; Tes pastels frais et ressemblants Peuvent se passer d'indulgence.

Les beaux esprits de notre temps, Quoique s'aimant avec outrance, Troqueroient volontiers, je pense.

Tous leurs drames et leurs romans Pour ton heureuse négligence Et la moitié de tes talents.

Mais, pardonne-moi ma franchise.

Ni tes tableaux ni tes écrits

lOO Chevalier de Boufflers.

N'équivalent, à mon avis, Le tour que tu fis à l'église.

Nos guerriers, la ville et la cour, Admirant ta métamorphose, Battirent des mains tour à tour :

La Gloire en sourit, et l'Amour Crut seul y perdre quelque chose. On a tant célébré Grammont, Son esprit, sa gaîté, ses grâces !

Il revit en toi; tu remplaces Le héros de Saint-Évremont.

Les ris le suivirent sans cesse, Et, dans son arrière-saison.

Semèrent des fleurs à foison Comme aujourd'hui sur ta jeunesse.

En vain le Temps, de son poison, Voudroit amortir ta saillie, Tu donnerois à la Raison Tous les grelots de la Folie.

Jouis bien d'un destin si beau, Brille dans nos camps, à Cythère.

Sûr de plaire, et toujours nouveau.

Chante les plaisirs et Voltaire; Lis Végèce, Ovide et Folard, Et vois les lauriers du Parnasse, Unis aux palmes de la Thrace, Couvrir ton bonnet de hussard.

Garde ton goût pour les voyages, Tous les pays en sont jaloux; Et le plus aimable des fous Sera partout chéri des sages.

Épttres.

Sois plus amoureux que jamais; Peins en courant toutes les belles, Et sois payé de tes portraits Entre les bras de tes modèles.

Page 1