‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 90 sur 98 · CHANSON POUR MADAME D · texte numérisé non relu

CHANSON POUR MADAME D

Air : Q'ic ne suis-jc la fougère '.

DIMANCHE je fus aimable, Lundi je fus autrement ; Mardi je pris l'air capable, Mercredi je fis l'enfant ; Jeudi je fus raisonnable, Vendredi j'eus un amant ; Samedi je fus coupable.

Dimanche il fut inconstant.

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QUATRAIN

Nous ne sommes heureux qu'en espérant de l'être ; Le moment de jouir échappe à nos désirs. Nous perdons le bonheur faute de le connoître, Nous sentons son absence au milieu des plaisirs.

COUPLET

Air : RévclUez-voiis.

VOTRE triste pédanterie Partout vous rend fort ennuyeux :

Votre froide plaisanterie Vous coûte plus, ne vaut pas mieux.

CHANSON

Air : Ouaiul vous entendrez h doux zèphyrc.

OUR un instant On sort du néant, Et dès qu'on vit on est las de vivre; On liait son sort, Et l'on craint la mort Sans estimer la vie.

Dieu tout-puissant Qu'on dit bienfaisant. Tous les mortels pleurent de vos présents :

Et soit qu'ils meurent.

Ou qu'ils demeurent, Tous sont mécontents.

Rien n'est un bien.

Le passé n'est rien,

Chevalier de Boufflers.

Et le présent passe comme un songe; De l'avenir Ne crois pas jouir, L'espoir est un mensonge.

COUPLET

Air : Lison dormolt dans un bocage.

EN amour toujours infidèle, Toujours fidèle en amitié, Vous abandonnez une belle Sans jamais en être oublié; Mais sur le choix de vos maîtresses Toujours le nombre l'emporta :

Même à présent, par-ci, par-là, Vous leur faites des politesses.

Et vous serez encor vingt ans Plus poli que nos jeunes gens.

CHANSON

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