‹ Poésies diversesChapitre 22 sur 57 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

Fies Dobilium tu quoque Fontium, Me dicente.

Horace , liy. III » ode 9.

Fontaine abondante et pure, Asile cher aux zéphyrs, Toi , dont le touchant murmure Semble imiter des soupirs, Oh ! que j'aime la colline Qui de ton onde argentine Reçoit ses plus doux attraits !

Que j'aime ce bois tranquille, Où je viens , loin de la ville , Respirer lombre et le frais,

Tandis que laube naissante Me voit ici le premier, Foulant les tapis de menthe Qui parfument ce sentier , Mes confuses rêveries, Le long des vertes prairies Suivent le cours de tes flots ; Et d'une vie agitée Leur fuite précipitée Me retrace les tableaux.

Du haut de cet hermitage, Qu'entourent de noirs cyprès , J*admire et le paysage Et ces lointaines forêts ; Mais , descendu sur ta rive , D'une impression plus vive Je sens déjà le pouvoir :

J*y vois la place où Sylvie, Aux plus beaux jours de ma vie .

POÉSIES DIVERSES. i33

Près de moi venoit s'asseoir.

Là , couronnés de fougères,

Il m'en souvient , loin du bord

Nous jetions des fleurs légères,

Dont nos yeux suivoient le sort ;

Là , dans sa gatté folâtre ,

De ses belles mains d'albâtre ■

Formant un vase arrondi , '

Mon amante , Hébé nouvelle ,

M'offroit une onde rebelle

À tous les feux du midi.

Souvent , 6 faveur plus chère !

Je la vis sous cet ormeau , Du genou pressant la terre , Se pencher vers le ruisseau :

Rivales des jeunes roses , Ses lèvres à demi-closes S'y reposoient un moment ;

f34 POÉSIES DIVERSES.

Et bientôt ma bouche avide , De son baiser plus humide Savouroit lenchantement,

Foible alors , et sans défense , Elle cédoit à mes lois :

Une amoureuse démence Nous égaroit à-la-fois ; Et , sur la molle verdure , Quand une volupté pure Avoit attiédi nos feux , De ses tresses vagabondes, Dans le miroir de tes ondes , Sa main rattachoit les noeud$.

O toi , qui rends à mon am»

Tant d'aimables souvenirs, Toi , qui de ma jeune flamme As protégé les plaisirs :

Oui 9 chaque fois que l'aurore

POÉSIES DIVERSES; laS

M» verra gravir encore Au sommet de ces coteaux , Ma muse reconnoissante Chantera la douce pente Et la fratcheur de tes eaux.

Je dirai de ta naïade

Le sourire séducteur ;

De ta brillante cascade

Je dirai le bruit flatteur :

Empressé de te connoitre ,

Plus d'un voyageur peut-être

Viendra te voir à son tour ;

Et , grâce à mes chants lyriques , «

Entre les eaux poétiques

Tu seras fameuse un jour.

STANCES

Carpamùs dalcU.

Perse.

Ijorsque Mars dans nos climats Étend les feux de la guerre , La foule court à grands pas Au devant de son tonnerre.

La trompette, les clairons ^ Et la voix de TEuménide , Enflamment nos bataillons D*une fureur homicide.

Pour moi , qui me sens épris D*une plus douce victoire ,

POESIES DIVERSES, J'abaisse iid œil de mépris

Sur les révos de la Gloire,

Quem'impoLlelchtros Ceint des palmes de Bellone , Si des roses do Papho* La volupté me couronne 1

Ah ! qu'ils cherchrnl les rorabats, Ceux qu'un fui espoir enivre !

Qu'ils s'éiancent au trépas , Ceux qui ne savent point vivre !

Mous, Eglé, pour l'enibcllir, Crois^uiui , cachons notre vie i Et cbercbons dans le plaisir La seule mort que j'envie.

laS POESIES DIVERSES.

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