ENVOI D'UN JEUNE SAULE
Gominùs et eminCis.
V A , j eune habitant des ruisseaux , Va, loin de cette onde ignorée^ Porter le deuil de tes rameaux , Et ta chevelure éplorée.
Ainsi que moi dans la douleur, Exilé sur une autre plage , Des chagrins de mon foible cœur Tu seras la fidétie image.
Et lorsque , sous Teffort des vents , Tombera ta douce verdure, Par de plaintifs gémissements Redis alors, je t*en' conjure :
]4a POÉSIES DIVERSES.
Que, séparé de mes amours Gomme tu les de ta patrie, ", JeTois aussi de mes beaux jours Tomber la fleur déjà flétrie.
POÉSÏES DIVERSES." i^S
STANCES
8UR LA MORT d'uNE JEUNE FILLE.
Sicut flos succisus aratro.
Gopime une fleur coupée par le tranchant de la charrue.
A la douce clarté des cieux
J ai vu se clore ses beaux yeux.
Qui désarmoient le plus farouche : *
Témoin de soû dernier effort,
Jf ai vu le souffle de la mort
Flétrir les roses de sa bouche*
Dieux ! m'écriai-je, Dieux jaloux f Doit-elle tomber sous vos coups.
Victime si prématurée ! '
Et faut-il donc que, sans retour.
i44 POÉSIES DIVERSES.
La coupe de vie et d*amour Echappe à sa lèvre altérée !
Vaines prières ! le trépas A plongé ses jeunes appas Au sein de la nuit éternelle ; Et celle qu on nous vit chérir.
Ne laisse plus qu'un souvenir Fragile et passager comme elle.
Ainsi, dans les jours du printemps, De Téglantier battu des vents Se détache la fl^r timide; Ainsi, dans le cours du ruisseau^ Tombe et fuit un léger roseau.
Entraîné par Tonde rapide.