FERGUS ET LOTHAIRE
JL OMBRE descend , et l'étoile du soir '
Brille déjà sur ces vertes coUfbes.
O voyageur ! évite les ruines
De cet antique et lugubre manoir.
Si ton œil cherche une retraite sûre,
Où le repos habite en tous les temps,
Fuis ces remparts, et de leurs habitants
Pleure avec moi la tragicpie aventure.
G est en ces lieux qu-auprès d'Elma, leur sœur, Vivoient ensemble et Fergus et Lothaire.
Pour ses. attraits, dans lombre du mystère, Tous deux brûloient d'une coupable ardeur.
Dès qu'un rival osoit lui rendre hommage.
Us l'accaeilloient avec un froid mépris ;
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Et des combats dont elle fut le prix, Toujours le sort leur donna l'avantage.
Dans ces combats, maint chevalier fameux Perdit Tespoir d*un si doux hyménée.
Découragé, loin de Tinfortunée Chacun porta sob amour et ses vœux.
Tous deux alors convinrent en silence De mettre fin à leurs tourments jaloux :
Poussés tous deux par lenfer en courroux, L'un contre l'autre ils levèrent la lance.
Malgré ses pleurs et son effroi mortel.
Sut une tour Elma fut enchaînée.
Un jour entier Elma fut condamnée À contempler cet horrible duel.
Quand la nuit vint, une torche fatale Dans le château leur prêta sa lueur ; Et, tout sauvants, ils traînèrent leur sœur Sotis les lambris d'une profonde salle.
Là , devant elle , et le glaive à la jnain j Les forcenés osent combattre encore.
En vain sa voix tour-à-tour les implore :
Percés de coups , ils succombent enfin.
Alors Elma, pâle, et d'horreur saisie , Sur tous les deux jette un dernier regard ; Et dans le cœur se plongeant un poignard, À leurs cotés elle tombe sans vie.
Depuis ce temps, des fantômes hideux Errent la nuit dans ces murs solitaires.
A la même heure on entend les deux^frères llecommencer leur combat ténébreux.
Juscpi'au matin la menace, la plaidte Se mêle encore au bruit des boucliers ; Et sur la place où sont morts ces guerriers : En traits de sang^leur image est empreinte.