LA PAUVRE ALIX
JL'oiibu envddppoit les air« , La neige couvroit la terre.
Et sur la pâle bruyère SifHoit le vent des hivers ; Lorsque, frémissant de crainte, Et seule avec son enfant, La pauvre Alix en pleurant Fit entendre cette plainte :
« Mon père fut bien cruel « De me fermer sa demeure, « Bfalgré la nuit, malgré l'heure « Et rinclémence du ciel :
« Ce ciel même que j*implore « Est cruel dans sa rigueurs
ROMANCES. tgt
« Mais mon lâche sédtictenr « Est bien plus cruel encore.
« O mon fils î mon doux trésor!
« Comme ta bouche est glacée !
« L'ingrat qui m'a délaissée « Ne connoit pas notre sort :
« S*il le savoit , j'en suis sûre, « Hélas ! tout méchant qu'il est, « Dans ses remords il viendroit « Nous sauver de la froidure.
« Mais je n'entends plus tes cris...
« Quel noir soupçon m'a troublée l « Serois-tu donc envolée, » O chère ame de mon fils!
« Oui, le ciel m'a trop punie :
« J'ai perdu mon dernier bien ; « J'ai perdu le seul lien « Qui m'attachoit à la vie. »
igs ROMANCES.
Alors près de son enfant Elle tombe sur la neige ; Son voile encor le protège Contre la fureur du vent :
Avec un foible sourire Alix le serre en ses bras; Et, résignée au trépas, De sa douleur elle expire.
HOMANCES. ,93