‹ Poésies diversesChapitre 37 sur 57 · LA PAUVRE ALIX · texte numérisé non relu

LA PAUVRE ALIX

JL'oiibu envddppoit les air« , La neige couvroit la terre.

Et sur la pâle bruyère SifHoit le vent des hivers ; Lorsque, frémissant de crainte, Et seule avec son enfant, La pauvre Alix en pleurant Fit entendre cette plainte :

« Mon père fut bien cruel « De me fermer sa demeure, « Bfalgré la nuit, malgré l'heure « Et rinclémence du ciel :

« Ce ciel même que j*implore « Est cruel dans sa rigueurs

ROMANCES. tgt

« Mais mon lâche sédtictenr « Est bien plus cruel encore.

« O mon fils î mon doux trésor!

« Comme ta bouche est glacée !

« L'ingrat qui m'a délaissée « Ne connoit pas notre sort :

« S*il le savoit , j'en suis sûre, « Hélas ! tout méchant qu'il est, « Dans ses remords il viendroit « Nous sauver de la froidure.

« Mais je n'entends plus tes cris...

« Quel noir soupçon m'a troublée l « Serois-tu donc envolée, » O chère ame de mon fils!

« Oui, le ciel m'a trop punie :

« J'ai perdu mon dernier bien ; « J'ai perdu le seul lien « Qui m'attachoit à la vie. »

igs ROMANCES.

Alors près de son enfant Elle tombe sur la neige ; Son voile encor le protège Contre la fureur du vent :

Avec un foible sourire Alix le serre en ses bras; Et, résignée au trépas, De sa douleur elle expire.

HOMANCES. ,93

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