‹ Poésies diversesChapitre 38 sur 108 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

NADÀB, sewi.

(Il regarde quelque temps autour de lui, comme pour reconnottre les lieux où il se trouve. )

la porte du camp , sous ces palmiers

antiques Où des vieillards hébreux les sentences publiques

Des diverses tribus terminent les débats . Par quel nouveau sentie." ai-je égaré mes pas ?

(Après un moment de silence, en s'avançant sur la scène.)

Silencieux abris , profonde solitude ,

Ke pouvez-vous calmer ma noire inquiétude ?

i3d MOÏSE.

Soulevé enfin , Nadab , ton œil appesanti )

Vois les fils de Jacob au pied du Sinaï ,

Le désert éclatant de miracles sans nombre,

La colonne à la fois et lumineuse et sombre ,

L'eau sortant du rocher , des signes dans les airs ,

Dieu prêt à nous parler du milieu des éclairs :

Prétends-tu , sourd au bruit de la foudre qui gronde ,

Coupable fils d' Aaron , changer le sort du monde ?

Mais que te fait , Nadab , le Seigneur et sa loi ?

Le monde et les Hébreux ne sont plus rien pour toi.

(Il s'approche du cercueil de Joseph.)

Ma main aux bords du Nil déroba cette cendre ^

Je pouvois sans rougir alors m'en faire entendre.

O Joseph ! fils aimé , qui dors dans ce tombeau ,

A l'épouse du roi toi qui parus si beau ,

Rends mon cœur moins ardent, ou ma voix plus puissant ,

Ou donne-iLoi ton charme, ou ta robe innocente I

De Joseph retrouvé je n'ai point la grandeur ,

Mais de' Joseph perdu j'ai l'âge et le malheur.

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