‹ Poésies diversesChapitre 54 sur 108 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Rendue à vos sujets , embrassant l'avenir, Vous perdrez de ^ladab l'importun souvenir.

ARZANE

Arzane par vos mams à la mort fut ravie , Et d'un nouveau bienfait celte grâce est suivie ! Mon cœur reconnoissant ne peut s'exprimer mieux <^ue par mon peu d'ardeur à sortir de ces lieux.

NADAB

A ce langage adroit je ne puis me méprendre , Vous flattez l'ennemi dont vous croyez dépendre, Mais , nourrie à Séir pour plaire et pour aimer , ^os farouches vertus ne peuvent vous charmer.

ARZANE

Amalec et Jacob difl"èrent de maxime , Il est vrai : nous croyons, sans nous en faire un crime Qu'aimer est le bonheur , plaire un don précieux , Et que la volupté nous rapproche des dieux. Sous des berceaux de fleurs , nos heures fortunées S'envolent mollement l'une à l'autre enchaînées. Le dieu que nous servons approuve nos désirs : Dans une île féconde , au doux chant des plaisirs , La beauté l'enfanta sur les mers de Syrie j Il préside en riant aux banquets de la vie. Pour attirer sur vous ses bienfaisants regards , «o&siss. ^'*

258 moïse.

J'ai déjà , les pieds nus et les cheveux épars. De nos rites sacrés suivant l'antique usage , Trois fois pendant la nuit conjuré son image.... Mais n'ai-je point, Nadab , armé votre courroux.! Vous détestez le dieu que je priois pour vous. Pardonnez à ces vœux que dans mon innocence M'arracha le transport de la reconnoissance.

NADAB

Qu'entends-je ! Amalécite , apprenez donc mon sort.. Long-temps de mon amour je captivai l'essor -, Vous adorant toujours , mais respectant vos larmes , Je n'aurois pas osé vous parler de vos charmes : Un mot, dont l'homme heureux ne sent pas la valeur, Trop souvent peut blesser l'oreille du malheur. Quand Moïse vivoit vous aviez tout à craindre ; A cacher mon ardeur je savois me contraindre : Aujourd'hui que le ciel pour vous se veut calmer , Votre bonheur me rend le droit de vous aimer.

ARZANE

Épargnez.,..

NADAB

Vous sauver changea ma vie entière !

Ce cœur , que vous avez habité la première , Vit l'amour se lever terrible et violent

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