NADAB, ARZANE
N'espérant plus , Nadab, votre prochain retour, Pavois quitté ces lieux avec la fin du jour : Vainement sur vos pas j'ai fait voler Nébée. Dans mes pensers amers tristement absorbée , J'ai mouillé quelque temps ma couche de mes pleurs : La nuit , en accroissant mes nouvelles douleurs , A redoublé ma crainte , et je suis revenue Aux bords où , je le vois , vous m'avez attendue.
NADAB
Arzane , de nos jours le sort est éclairci : Avec moi , dans l'instant , Moïse étoit ici.
ARZANE
loi I quelle fureur sera bientôt la sienne !
Nadab.
iJ menace déjà votre vie et la mienne.
ARZANE
Eh bien I que ferez-vous?
286 MOISE
NÂDAB.
Ce que j'avois promis.
Devenez mon épouse , et mes nombreux amis , Annonçant aux soldats la fertile Idumée , Rangeront à vos pieds le conseil et l'armée. Je ferai plus : il faut à la fille d'Édom Un époux revêtu des pompes de Sidon.
T5emain , pour égaler l'honneur de ma conquête , L'huile sainte des rois coulera sur ma tête. Donnez par votre amour une âme à mes projets , Et j'abaisse Moïse au rang de mes sujets.
i.Apart.) (Haut.)
Ciel î le dessein est grand ! je le pense moi-môme ; Il n'est pour nous , Nadab , d'abri qu'au rang suprême. Mais mesurez la cime avant que d'y monter j Dans l'arène glissante où vous voulez lutter , En songeant au succès , prévoyez la défaite. Pourrez-vous étouffer la voix d'un vieux Prophète , Parlant au nom des Cieux à des hommes tremblants , Dans ri m i osant éclat de ses longs cheveux blancs ?
NADAB
Si vous m'aimez , alors tout me sera facile.