‹ Poésies diversesChapitre 81 sur 108 · AARON, NADAB · texte numérisé non relu

AARON, NADAB

NADA.B - parlant à des soldats qu'on ne voit pas.

Fidèles compagnons que mon sort intéresse , Je ne crains plus ici les prêtres conjurés ; N'allez pas plus avant ; vous , Piuben , demeurez.

AARON

Approche , infortuné \ dans le sein de ton père Viens confesser ta faute et cacher ta misère.

NADAB

Ciel , qui savez mes maux , fortifiez mon cœur !

(A Aaron.)

Vous me désirez voir?

AARON

Ferois-tu mon malheur , Toi, dont j'ai soutenu la paisible jeunesse? Instruisant ton berceau , protégeant ta foiblesse , C'est moi qui le premier t'appris le divin nom Du Dieu que tu trahis pour la fille d'Édom. Non , mon fils bien aimé n'est point inexorable ; 11 m'entendra.

dio moïse.

NADAB

Aaron , votre bonté m'accable.

Craignez mon désespoir ; ne me commandez pas De conduire aujourd'hui mon Arzane au trépas.

AARON

Tu peux aimer encor cette femme étrangère •

NADAB

Comme en ses jeunes ans vous aimâtes ma mère. Me condamnerez-vous?

AARON

Je te plains seulement ^ Je te viens consoler dans ton égarement. Quel mortel ne fut point éprouvé dans sa vie } Chaque jour , à nos cœurs une joie est ravie : J'ai vu mourir ta mère , et plein de mes regrete , Du Seigneur en pleurant j'adore les décrets. Sache donc , s'il le faut, pour l'épargner un crime , Souffrir que le ciel rompe un nœud illégitime.

NADAB

Ma parole est liée.

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