‹ Poésies diversesChapitre 98 sur 108 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

ARZANE

Cessez , vils meurtriers -, je saurai bien sans vous Mourir comme une reine. Oui , je vous brave tous. Heureuse , en expirant , j'ai vengé ma patrie \, c'est par moi que Jacob connoît l'idolâtrie. Retourne , si tu veux , ô peuple renié ! A ton Dieu dévorant , à ton Dieu sans pitié. Je te livre à l'arrêt qui déjà te' condamne , Et ton sang va couler après celui d'Arzane.

MOÏSE

Qu'on l'entraîne.

NADAB , s'arrachant des ihaius des lévites, et se pre'cipitanl vers Arzane.

Sur moi tournez votre poignard.

Arzane , que mon corps te serve de rempart ; Permets avec le tien que mon sang se confondG 5 Que nos âmes ensemble abandonnent le monde , Et que le dernier souffle exhalé de mon cœur Des feux qui me brûloient te porte encor» l'ardeur.

ARZANE , le repoussant.

Quoi ! jusque dans la mort m'accabler de ta flamme . Laisse , laisse aux enfers descendre en paix mon âme. Disons-le maintenant à la face des cieux , Comme tout Israël tu m'étois odieux.

Page 1