ACTE V , SCENE III
Fils d'Aaron , dans l'espoir de te perdre toi-mCnif , J'avois , pour mon supplice , eu la foiblesse extrême De me vouloir sauver en me donnant à toi ^ Mais cet effort étoit trop au-dessus de moi *, Et loi-sque de râhlOilr j'afî^fctôis le langage , Les pleurs le démentoient sur mon pâle visage. Je suis enfin soustraite à ces secrets tourments ; Le tombeau me dérobe à tes embrassements. Quel bonheur d'échapper à l'amant qu'on déteste S Adieu , parjure enfant d'une race funeste 5 De mon dernier aveu que le dur souvenir Augmente la douleur de ton dernier soupir, Et songe , en expirant à ton culte infidèle , Que je n'avois pour toi qu'une haine immortelle.
(Elle arrache son voile, et sort avec les Amalécites sous la garde d'une troupe de lévites.'
MOÏSE
Allez , brisez là tête à cet ingrat serpent , Et tarissez les flots du venin qu'il répand.
a4o moïse.