‹ Poésies diverses, ou, Recueil de différentes pièces de cet auteurChapitre 14 sur 61 · ODE A PRIAPE · texte numérisé non relu

ODE A PRIAPE

Si outre d.s neuf garces du Pinde ,

Foutre de l'amant de Daphné ,

Dont le flafque vit ne fe guindé,

Qu'à force d'être patiné :

C'eft toi que j'invoque à mon aide ,

Toi qui dans les cons ? d'un vit roide ,

Lance le foutre à gros bouillons ,

Priape foutiens mon haleine,

Et pour un moment dans ma veine ,

Porte le feu de tes couillons.

Que tout bande , que tout s'embrafê 5

Accourez putins Se ribauds :

Que vois-je ? ... où fuis-je. . . ô douce extafè !.»,

Les cieux n'ont pas d'objets il beaux.

Des couilles en bloc arrondies ,

Des cuiffes fermes & bondies ,

Des bataillons de vits bandés,

Des culs ronds fans poils & fans crottes ,

Des cons , des tettons ÔC des mottes ,

D'un torrent, de foutre inondés.

Reftez adorables images, Reliez à jamais fous mes yeux 5

tfo Poésies

Soyez l'objet de mes hommages f Mes législateurs & mes dieux :

Qu'à priape on élevé un temple Où jour & nuit l'on vous contemple 5 Au gré d es vigoureux fouteurs ; Le foutre y fervira d'offrandes, Les poils de couilles de guirlandes , Les vits de facrificateurs.

Aigle, baleine, dromadaire, Infe&e, animal, homme, tout, Dans les deux, fous l'eau, fur la terre, Tout nous annonce que l'on fout :

Le foutre tombe comme grêle, Raifonnable ou non, tout s'en mêle, Le con met tous les vits en rut :

Le con du bonheur eft la voie, Dans le con gît toute la joie , Mais hors du con point de falut.

Quoique plus gueux qu'un rat d'cglifê, Pourvu que mes couillons foient chauds , Et, que le poil de mon cul frife , Je me fous du refte en repos.

Grands de terre l'on fe trompe , Si l'on croit que de votre pompe Jamais je puiïTe être jaloux :

Faites grand bruit, vivez au large 5

DIVERSES,1 6j

Quand j'enconne ÔC que je décharge ,* Ai-je moins de plaifirs que vous ?

Que l'or, que l'honneur vous chatouille , Sots avares , vains conquérans j Vivent les plaifirs de la couille !

Et foutre des biens Se des rangs.

Achille aux rives du Scamandre, Pille, détruit, met tout en cendres 5 Ce n'eft que feu , que fang , qu'horreur ; Un con paroît, palTe-t-il outre? Non, je vois bander mon jean- foutre 5 Le héros n'eft plus qu'un fouteur.

De fouteurs la fable fourmille :

Le foleil fout Leucothoé , Cynire fout fa propre fille , Un taureau fout Pafîphaé *7 Pygmalion fout fa ftatue, Le brave Ixion fout la nue ; On ne voit que foutre couler :

Le beau Narcifle pâle Se blême j Brûlant de fe foutre lui-même , Meurt en tachant de s'enculer.

Socrate , direz-vous , ce fage 9 Dont on vante l'efprit divin , Socrate a vomi pefte ÔC rage f

Contre le fexe féminin :

Mais pour cela le bon apôtre ,

N'en n'a pas moins foutu qu'un autre;

Interprétons mieux fes leçons :

Contre le fexe il perfuade f

Mais fans le cul d'Alcibiade ,

Il n'eût pas tant médit des cons.

Mais voyons ce brave cynique ,

Qu'un bougre a mis au rang des chiens >

Se branler gravement la pique ,

A la barbe des Athéniens :

Rien ne l'émeut, rien ne l'étonné ;

L'éclair brille, Jupiter tonne,

Son vit n'en eft point démonté 5

Contre le ciel fa tête altiere,

Au bout d'une courte carrière *

Décharge avec tranquillité»

Cependant Jupin dans l'Olympe j Perce des culs , bourre des cons ; Neptune au fond des saux y grimpe 5 Nymphes, fyrenes & tritons 5 L'ardent fouteur de Proferpine , Semble dans fa couille divine , Avoir tout le feu des enfers :

Amis , jouons les mêmes farces ; Foutons tant que le con des garces Nous foute enfin l'ame à l'envers,

diverses; '<*£

Tyfîphone , Ale&o , Mégère ,

Si l'on foutoit encor chez vous ,

Vous Parques, Caron & Cerbère,'

De mon vit vous tâteriez tous :

Mais puifque par un fort barbare ,

On ne bande plus au Ténare ,

Je veux y defcendre en foutant ;

Là , mon plus grand tourment , fans doute J

Sera de voir que Pluton foute ,

Et de n'en pouvoir faire autant.

Redouble donc tes infortunes , Sort, foutu fort, plein de rigueur 5 Ce n'eft qu'à des âmes communes A qui tu peux foutre malheur :

Mais la mienne que rien n'alarme ?

Plus ferme que le vit d'un carme , Se ris des maux préfens , pafTés :

Qu'on m'abhorre, qu'on me détefte,!

Que m'importe ? mon vit me refte ?

Je bande, je fous, c'eft aflez.

PW"1

$4 Voisins

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