XXIV
Brûlé du Feu de la concupifcence j Frère Thibaut vint trouver fon gardien* Jeûnez , mon fils , lui dit fa révérence. Thibaut jeûna : le jeûne n'y fit rien. Lors, derechef Thibaut fe plaint. Eh bien,' Joignez au jeûne, & difcipline & haire, Dit le vieillard. Mais, las ! le pauvre hère Sentit fa chair encor plus regimber.
Vertu de froc ! fuccombez-y donc , frère , Tant que d'un an n'y pailliez retomber.
Par un matin, d'une jeune dévote i
Frère Richard le petit cas oyoit ,
Et par un trou prdmenoit fous fa cotte
Sa douce main dont il la chatouilloit -7
De quoi la nïaife en larmes lui difoit :
Priez pour moi. . . mon père. ... je fuis morte :
Le diable m'entre. ... au corps. . . . par cette ports
Que vous favez. — Gardez de réfifter,
Dit le frater, il faudra bien qu'il forte ?
Quand dans tel lieu fera las d'habiter.
Marc une béquille avoït Faite en fourche , ôc de manière Qu'à la-fois elle trouvoit L'œillet &. la boutonnière.
D'une indulgence pléniere Il crut devoir fe munir, Et court, pour l'obtenir, Conter le cas au faint père , Qui répondit : Vierge Mcre ! Que ne fuis-je ainfi bâti !
Va, mon fils , baife, profpere :
■Gaudeaut benc nati !
Un couple amoureux s'exerçoit Au jeu d'amour dans un bofquet, Croyant n'avoir que les dryades ?
Pour témoins de fes accolades.
Au plus fort du trémoufTement Quelqu'un parut. Ha ! dit l'agent , Fuyons. — Nenni , répond la belle ; Va ton train. — Mais on nous verra. — Eh ! qu'importe, répliqua- t-elle î Je ne connois point ces gens-là. fc<
Ieanneton en la nuit première,
Son mari defTus elle étant,
Remuoit des mieux le derrière;
Et puis difoit en s'ébattant :
Mon doux ami que je t'aime tant,
Fais je pas bien de cette fbste ?
Le mari lors qui fe tranfporte,
Lui répond de courroux épris :
Oui, mais que le grand diable emporte,
Ceux qui vous en ont tant appris.
En pleurant l'époux qu'elle perd , B. . .. vous fait pitié : quelle erreur eft la vôtre !
Tel tft un bâton de bois verd , Qui brûle par un bout quand il pleure par l'autre*
Un bûcheron fendant du bois %
Ne fè donnant point de relâche ,
Et faifant he n , à chaque fois ,
Qu'il donnoit un grand coup de hache.
Sa femme craignant quelqu'entorce ,
A quoi bon hem , fi fouvent ?
Hem ? dit^il ? accroît la force ,
Et le coup entre plus avant.
La nuit le bon homme joyeux^
Et voulant rire avec fa femme ,
JVtan mari , dit la bonne dame y
Faites hem , il entrera mieux.
O non , lui dit-il fans attendre ,
Ce feroit hem à tems perdu ;
Mon deiTein n'efl pas de le fendre }
Il n'efl déjà que trop fendu.