‹ Poésies diverses, ou, Recueil de différentes pièces de cet auteurChapitre 20 sur 61 · L 'HOSPITALIERE · texte numérisé non relu

L 'HOSPITALIERE

Conte,

Sœur Luce , jeune hofpitaliere , Pour un jeune convalefcent , Sentoit tout ce qu'un cœur reflent , Dans l'accès d'une ardeur première.

Je laîiFe à penfer la manière Dont fut fervi i'adolefcent^ Mille foins font fur fon vifage9 Renaître les plus belles fleurs , Et le brûlent de mille ardeurs 9 Pour la belle qui le foulage.

Un moment donc qu'il fe livroit Au doux efpoir d'être aimé d'elle , A l'inftant accourut la belle.

II en fentit croître fon feu»

La nature à l'amour ridelle 9 Dans le moment joua fon jeu 9 Et pendant que l'amour rappelle La formule d'un tendre aveu.

Mon cher enfant, s'écria-t-elîe9 GuérifTez ma crainte mortelle.

Parlez, de quoi fbupirez-vous ?

Là, fa voix craintive s'arrête, Et toute tremblante elle apprête

Sa main pour lui tarer le poux.

Mais que l'amour a de malice !

Qu'il fait bien conduire un deftein i Le convalefcent prend la main De la fecourable novice ?

Et la conduifant doucement Où la famé fe manifeile , Par un fubit attouchement, Fait voir qu'il en avoit de refte.

La belle fe déconcerta , Rougit de honte & de furprife ?

Et voulut même quitter prife \ Maïs en vain elle le tenta , Son heureux amant l'emporta , Er pour marquer que fon audace À fe$ yeux devoit trouver grâce , Voici ce qu'amour lui diëta:

Chaffez la frayeur ridicule Que vous infpire un vain fcrupuîc, Relie Luce, & ne penfez pas Faire déformais un ufage Qui déshonore vos appas.

Ces marques de convaîefcence, Je les dois à votre préfence } Mais vous devez à mon amour :

J'acquitte ma reconnoiffance , Acquittez- vous à votre tour, Nature prépare une ctifk

Qui couronne votre entreprife j Vous feule pouvez me guérir, Voulez-vous me faire mourir ?

Sœur Luce d'un fi doux langage Sentoit la prenante douceur , Et l'amour dans fon jeune cœur .

En difoit encor davantage 5 Son amant tout près d'être heureux, A l'aide de mille étincelles , Filles d'un defir amoureux , Vit dans fes humides prunelles , Qu'elle brûîoit des mêmes feux.

D'un bras qu'amour guide, il l'enlevé; L'amour lui même la fouleve , Et tire le rideau fur eux.

^***-^fi^fe = « „„»:

LE PSEAUTIER.

Conte.

$L$v pieux roi David que les pfeaumes font beaux ! Ma fille , en vous couchant faites-en la leâure ,

Eclairez-vous de ces flambeaux ,

Votre ame fera toujours pure.

Je vous prête mon grand pfeautier 5

Plût à Dieu, ma chère Ifabelle,

Que vous le fufïîez tout entier 5

Oui, maman. Voici donc la belle , Qui prend le faint livre , & le met , Sans trop grand defir de le lire , Très-promptement fous fon chevet»

Or elle attendoit un beau fire.

Il vint, &. les tendres ébats Agitant draps Se couverture, Le psautier defcendu plus bas Se trouve au fort de l'aventure.

Bien plus , car du prudent ami ?

La relieure toute neuve , D'un plaifir qui n'eft qu'à demi, Reçut une abondante épreuve.

Le matin , la mère arriva , Et ne vit pas l'amant fans doute 5 Mais fon cher volume trouva Tout maculé , tout en déroute.

A l'œil , au ta£t. , à l'odorat , Elle frémit, elle foupçonne.

Mon pfeautier eft en bel état !

Parlez- moi, petite fripponne.

Je ne fais pas d'où vient cela.

En faute afTurément je ne fuis point tombée % Sinon que j'ai rêvé que David étoit là Qui me prenoit pour Bethzabée,

■uA^g^y^-.^*. — ...r— -. 1 j.

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