ET DE MADEMOISELLE DE LAVERDIN
O bienheureux amants, vos ennuis sont passés ! 0 comte fortuné, riez, sautez, dansez, Riez, sautez, dansez, comtesse fortunée ; Que du ventre d'où sort l'eau chaude que pissez, Puisse bientôt sortir une heureuse lignée ; Hymen, io, Hymen, ô Hymenée.
Enfin l'Infante Laverdine
Est femme d'un fort bon mari,
Enfin un comte favori
Lui tâte quand il veut de la main la poitrine :
Mais elle peut pareillement
Lui tâter l'estomac, elle peut mêmement
Lui passer la main sur l'échiné.
0 bienheureux amants, vos ennuis sont passés, 0 comte fortuné, riez, sautez, dansez, Riez, sautez dansez, comtesse fortunée ; Que du ventre d'où sort l'eau chaude que pissez, Puisse bientôt sortir une heureuse lignée, Hymen, io, Hymen, ô Hymenée
Qu'il est heureux ce brave comte
Avec cette jeune beauté,
Qui passe en bonne vérité Celle qui fut jadis marquise d'Amatonte.
0 qu'ils auront d'enfants tous deux, A leurs frères et sœurs ils feront des neveux
Tant qu'ils n'en sauront pas le compte.
O bienheureux amants, vos ennuis sont passés J O comte fortuné, riez, sautez, dansez, Riez, sautez, dansez, comtesse fortunée ; Que du ventre d'où sort l'eau chaude que pissez ; Puisse bientôt sortir une heureuse lignée, Hymen, io„ Hymen, ô Hymenée.
A Verny, maison bien bâtie,
La sœur de monsieur de Bordeaux
Vous fera manger fruits nouveaux
Boire du cidre doux avec que la rôtie, En hiver manger des marrons,
En automne manger de forts bons potirons, Et tout, en grande modestie.
O bienheureux amants, vos ennuis sont passés, 0 comte fortuné, riez, sautez, dansez, Riez, sautez, dansez, comtesse fortunée ; Que du ventre d'où sort l'eau chaude que pissez, Puisse bientôt sortir une heureuse lignée, Hymen, io, Hymen, ô Hymenée.
Un jour en bonne compagnie
J'y mangeai d'un fort grand saumon,
Duquel tant je le trouvai bon,
La mémoire de moi ne sera point bannie.
Laverdines et Laverdins,
Aiment à remplir leurs boudins,
Ils mangent par grand gloutonnie.
O bienheureux amants, vos ennuis sont passés, O comte fortuné ; riez, sautez, dansez, Riez, sautez, dansez, comtesse fortunée ; Que du ventre d'où sort l'eau chaude que pissez, Puisse bientôt sortir une heureuse lignée, Himen, io, Himen, ô Himenée.
O grande dame de Malicorne,
Vous marquis son fils majeur né,
Et vous abbé morigéné,
Dont la vertu n'a point de borne.
O cher baron de Laverdin, Qui portez plus souvent gants de cerf que de daim,
Vous dont la face n'est point morne, Vicomte qui portez des chapeaux à grand bord,
Cher Iarzé que j'aime si fort,
Chantez pour célébrer oette heureuse journée Hymen, io, Hymen, ô Hymenée.
En danger d'être cul-de-jatte,
Pour moi je suis dans un grabat,
Sans manchettes et sans rabat,
Sans remuer ni pied ni patte ;
Je n'ai plus de force au jarret, Quoique je sois plus gras qu'un engraissé gorret : Mais parmi mes douleurs ce doux penser me flatte ; Et je chante tout seul d'un ton de voix fort net, Avec mes blanches mains tenant mon blanc bonnet, Afin de célébrer cette heureuse journée,
Hymen, io, Hymen, ô Hymenée.