‹ Poésies diversesChapitre 19 sur 47 · AU FAUBOURG SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

AU FAUBOURG SAINT-GERMAIN

Parbleu bon, je vais par les rues, Mais je n'y vais pas de mon chef, Ni de mt s pieds qui par mèchef Sont parties très malotrues :

Je marche sur pieds empruntés ; Ceux dont mes membres sont portés, Sont à deux puissants porte-chaises Que je loue presqu'un écu ; Ah que les maroufles sont aises Au prix de moi qui suis toujours dessus le eu.

Non que s'asseoir sur le derrière

Soit laide situation,

Car parmi toute nation,

On s'assied en cette manière.

Aussi ne dis-je que s'asseoir

Soit une chose laide à voir,

Mais de dire qu'elle soit bonne,

C'est ce que je ne dirai point

Avec la douleur que me donne

Mon derrière pointu qui n'a plus d'embonpoint.

Revenez mes fesses perdues, devenez me donner un eu, En vous perdant j'ai tout perdu, Hélas ! qu'êtes-vous devenues ; \ppui de mes membres perclus, Cul que j'eus et que je n'ai plus, Etant une pièce si rare, Que l'on devrait vous tenir cher :

Hé ! que la coutume est barbare jOe porter vêtements afin de vous cacher !

Que de la chaise qui me porte

J'aperçois de gens cheminer ?

Hélas ! que me faut-il donner

Pour pouvoir marcher de la sorte ?

Quiconque me fera marcher,

Sache que je n'ai rien de cher

Comme mes bourrelets de laine,

Je les lui donne de bon cœur,

De louis une bourse pleine,

Et serai dessus tout son humble serviteur.

Mais je sens ma chaise arrêtée,

Je pourrais bien être arrivé,

Foin je n'aurai pas achevé

Cette pièce un peu trop hâtée :

Nous ferons le reste demain

Achevons au moins ce dizain,

Porteurs, on vous va satisfaire,

Taisez-vous donc, vous m'empêchez

Vous troublez toute mon affaire,

Mais ne vous taisez plus mes vers sont dépêchés.

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