STANCES POUR MADAME DE HAUTEFORT
On ne vous verra plus en posture de pie
Dans un cercle accroupie, Au grand plaisir de tous et de votre jarret, Votre cul qui doit être un des beaux culs de France,
Comme un cul d'importance, A reçu chez la reine enfin le tabouret.
Comme on connaît souvent une chose par l'autre,
D'un cul comme le vôtre, J'ai connu le destin, voyant votre beau nez : Et sans être devin, j'ai prédit que sans doute,
Ce cul qui ne voit goutte, Serait vu dans le rang de nos culs couronnés.
Notre reine, princesse aussi juste que sage,
N'a pu voir davantage Un cul plein de mérite et très homme de bien, Tandis que d'autres culs sont assis à leur aise
Au côté de sa chaise, Debout, ou mal assis, comme un cul bon à rien.
Ce cul de satin blanc, dont sans doute la face
Ne fit jamais grimace, Devait assurément être un cul duc et pair ; Car qu'aurait-on pensé de ce qu'un cul si sage,
Qui vaut bien un visage, N'eut pas eu chez la reine où reposer sa chair ?
Que les hommes n'ont pas pareille destinée !
Et que vous êtes née Sous un astre puissant et favorable aux culs ! Tandis que le vôtre est près de ceux des princesses,
Assis sur ses deux fesses, Le nôtre n'est assis que sur deux os pointus.