‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 56 sur 160 · BALLADES, XXVIII, 29 — XXX · texte numérisé non relu

BALLADES, XXVIII, 29 — XXX

Pour ce requerir je vous viens, Mon cueur, que prenez hardiesse ; Courez lui sus, sans craindre riens, À Dangier qui souvent vous blesse. 20 Si tost que vous prandrez l'adresse De l’assaillir, il se rendra ; Je vous secourray sans peresse, Car le Dieu d’Amours m’aidera

Se vous m'aidiez, gente Princesse, 25 Je croy que brief le temps vendra | Que j’auray des biens a largesse, Car le Dieu d’Amours m’aydera.

ELLE, bien avez souvenance, Comme certainement je croy,

De la tresplaisant aliance Qu’Amour fist entre vous et moy ; Son secretaire, Bonne Foy, 5 Escrist la lectre du traictié, Et puis la seella Loyauté, Qui la chose tesmoingnera, Quant temps et besoing en sera.

Joyeux Desir fut en presence, 10 Qui alors ne se tint pas coy, Mais mist le fait en ordonnance De par Amour, le puissant roy ; [p. so] Et, selon l’amoureuse loy, Charles d'Orléans À

De noz deux vouloirs, pour seurté, Fist une seule voulenté ;

Bien m'en souvient et souvendra, Quant temps et besoing en sera.

Mon cueur n’a en nullui fiance De garder la lectre qu’en soy; Et certes ce m'est grant plaisance, Quant si tresloyal je le voy, Et lui conseille, comme doy, De tousjours haïr Faulseté ; Car quiconque l’a en chierté, Amour chastier l’en fera, Quant temps et besoing en sera.

Pensez en ce que j’ay compté, Ma Dame, car en verité Mon cueur de foy vous requerra, Quant temps et besoing en sera.

ENÉS vers moy, Bonne Nouvelle, Pour mon las cueur reconforter,

Contez moy comment fait la belle:

L'avez vous point oy parler

De moy, et amy me nommer ?

À elle point mis en oublv

Ce qu’il lui pleut de m’acorder, Quant me donna le nom d’amy ?

Cp. sr]

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BALLADES, XXX, IS — XXXxII, 6

Combien que Dangier, le rebelle, Me fait loing d’elle demourer, Je congnois tant de bien en elle, Que je ne pourroye penser Que tousjours ne vueille garder Ce que me promist sans nul sy, Faisant noz deux mains assembler, Quant me donna le [nom] d’amy.

Pitié seroit, se Dame telle, Qui doit tout honneur desirer, Failloit de tenir la querelle De bien et loyaument amer.

Son sens lui scet bien remoustrer Toutes les choses que je dy Et ce qu’Amour nousfist jurer, Quant me donna le [nom] d’amy.

Loyauté, vueilliez asseurer Ma Dame que sien suy, ainsy Qu’elle me voulu commander, Quant me donna le [nom] d’amy.

ELLE, s’il vous plaist escouter Comment j'ay gardé en chierté Vostre cueur qu'il vous pleut laissier Avec moy, par vostre bonté, Sachiés qu'il est enveloppé En ung cueuvrechief de Plaisance,

Es

Vry [S)

CHARLES D'ORLÈANS

Et enclos, pour plus grant seurté, Ou coffre de ma souvenance.

Et pour nettement le garder, Je l’ay souventesfois lavé [0 En larmes de Piteux Penser ; Et, regrettant vostre beauté, Aprés ce sans delay porté, Pour sechier, au feu d’'Esperance, Et puis doulcement rebouté 15 Ou coffre de ma souvenance.

Pour ce, vueilliez vous acquittier

De mon cueur que vous ay donné,

L'amant.

Le cueur.

Humblement vous en vueil prier,

En le gardant en loyauté, | 20 Soubz clef de Bonne Voulenté,

Comme j’ay fait, de ma puissance,

Le vostre que tiens enfermé

Ou coffre de ma souvenance.

Ma Dame, je vous ay compté 25 De vostre cueur la gouvernance, Comment il est et a esté Ou coffre de ma souvenance.

e je vous dy bonne nouvelle, [p. 53] Mon cueur, que voulez vous donner?

— Elle pourroit bien estre telle Que moult chier la vueil acheter.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

Le cueur.

L'amant.

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