BALLADES, XXXII, 7 — XXXIV
— Nul guerdon n’en quier demander.
— Dittes tost doncques, je vous prie, Jay grant desir de la savoir.
-— C'est de vostre Dame et amye Qui loyaument fait son devoir.
— Que me savez vous dire d’elle Dont me puisse reconforter ?
— Je vous dy, sans que plus le celle,
Qu'elle vient par deça la mer.
— Dittes vous vray, sans me moquer?
— Ouil, je le vous certiffie,
Et dit que c’est pour vous veoir.
— Amour, humblement j'en mercie,
Qui loyaument fait son devoir.
— Que pourroit plus faire la belle Que de tant pour vous se pener ?
— Loyauté soustient ma querelle, Qui lui fait faire sans doubter.
— Pensez doncques de bien l’amer.
— Si feray je, toute ma vie,
Sans changier, de tout mon povair.
— Bien doit estre dame chierie, Qui, loyaument fait son devoir.
ON cueur, ouvrez l’uis de Pensec, Et recevez un doulx present Que la tresloyaument ameec Vous envoye nouvellement,
AY
ty PA)
Et vous tenez joyeusement ;
Car, bien devez avoir liesse, Quant la trouvez sans changement Tousjours tresloyalle maistresse.
Bien devez prisier la journee Que tustes sien premierement ; Car sa grace vous a donnee, Sans faintise, tresloyaument ; Vous le povez veoir clerement, Car elle vous tient sa promesse, Soy moustrant vers vous fermement Tousjours tresloyalle maistresse.
Par vous soit doncques honnouree
Et servie soingneusement,
Tant comme vous aurez duree, Sans point faire departement ; Car vous aurez certainement, Par elle des biens a largesse, Puis qu'elle est si entierement Tousjours tresloyalle maistresse.
Grans mercis, des fois plus de cent, Ma Dame, ma seule Princesse, Car je vous treuve vrayement ‘Fousjours tresloyalle maistresse !
‘AY ou tresor de ma pense Un mirouer qu’ay acheté.
Amour, en l'annee passee,
Le GR 00"