BALLADES, LXXII
LXXIT
ALADES, chançons et complaintes Sont pour moy mises en oubly, Car ennuy et pensees maintes Mont tenu long temps endormy.
Non pour tant, pour passer soussy, s Essaier vueil se je sauroye Rimer, ainsi que je souloye.
Au meins j'en feray mon povoir,
4 a Combien que je congnois et sçay \ Na Que mon langage trouveray ÈS 10
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Tout enroillié de Nonchaloir. \‘
Plaisans parolles sont estaintes En moy qui deviens rassoty ; Au fort, je vendray aux attaintes | Quant beau parler m’aura failly. 15.
Pour quoy pry ceulx qui m’ont oy Langagier, quant pieça j'estoye
Jeune, nouvel et plain de joye, [p. 120] Que vueillent excusé m'avoir.
Oncques mais je ne me trouvay | 20
Si rude, car je suis, pour vray, Tout enroillié de Nonchaloir.
Amoureux ont parolles paintes Et langage frois et joly; Plaisance dont ilz sont accointes | 2$ Parle pour eulx ; en ce party J'ay esté, or n’est plus ainsi ; Alors de beau parler trouvoye
À bon marchié tant que vouloye;
Si ay despendu mon savoir, 30 Et s’un peu espargnié en ay, .
IL est, quant vendra a l’essay,
Tout enroillié de Nonchaloir.
Mon jubilé faire devroye, Mais on diroit que me rendroye 3s Sans coup ferir, car Bon Espoir M'a dit que renouvelleray; Pour ce, mon.cueur fourbir feray Tout enroillié de Nonchaloir !