‹ Poésies éditéesChapitre 102 sur 183 · LXXXIL. — M 41 vo, O 355, O2 75, H 148, P 254. Autographe · texte numérisé non relu

LXXXIL. — M 41 vo, O 355, O2 75, H 148, P 254. Autographe

LXXXIV. — M 41 vo, O 356, O: 75 vo, H 148, P 254. Ancien no [1]06. Autographe y compris la rubrique.

LXXXV.— M 42,0 357, O:75 vo, H 148 vo, P 194. Ancien n° 107. Autographe y compris la rubrique.

LXXXVI — M 41 vo, O 354, O? 75. Ancien n° 104. Autographe y compris la rubrique. — V. 3 vous en récrit sur grattage.

LXKXXVIL — M 41 vo, O 355, O275. Ancien no 105. Autographe y compris la rubrique. — V' 12 loy récril sur grattage.

LXXXVII. — M 39, O 346, O? 73. Aulovraphe. — M Chancon en Anglois. — Cette pièce et la suivante sont transcrites au verso d’un feuillet blanc et n’ont jamais été rubriquees.

LXXXIX. — M 40, O 346, 0:73. Autographe. — M A good song in english. — La transcription autographe des chansons LXXXVIIT ei LXXXIX nous montre Ch. d'O plus versé qu'on ne le croyait commu-

CHANSONS, LXXI — LXXXIX s69

nément dans la connaissance de la langue et des choses de l'Angleterre. Non seulement il écrit l'anglais, mais il emploie les signes spéciaux à l'orthographe anglaise ; y, w,b (th), z(and) et parfois l’a écrit en deux parties (cf. P. Champion, La librairie de Ch. d’O., album). Les contemporains connaissaient d'ailleurs ce Ch. d'O. « anglicisé » . Gloucester a protesté contre sa délivrance parce qu’il était un homme dangereux, trop au courant des choses d’ Angleterre ; voir aussi le Livre du Cuer d'amour espris du roi René (cf. Romania, XLIX, 580-584).

IT reste à se demander si Charles d'Orléans peut être l’auteur de ces morceaux ou s'ils ont été composés par quelques Anglais de passage à Blois ? La présomption me paraît en faveur du duc. Il ne s’agit pas là en effet d'une traduction, mais d’une interprétation assez libre de la chanson LXI. La chanson angluise LXXXIX répond d'autre part à des vers caractéristiques de Charles d'Orléans : |

Je suis cellui au cueur vestu de noir … Dans l’ermitage de Pensee…

Enfin ces morceaux n'élaient pas indifférents à Charles d'Orléans qui a pris la peine de les transcrire. Mais il ne faut pas oublier non plus que des Anglais passèrent assez souvent à Blois depuis 1444 où fut reçu Suffolk avec sa suite. En 1449, trois « haulx menestrels anglois » jouèrent devant la duchesse ; en 1450, le duc faisait payer le séjour, à l'hôtel des Tournelles, de « James Muace, anglois » ; en 1451 passa Lancastre, héraut d'armes du roi d’ Angleterre ; la duchesse de Sommerset envoyait des hérauts anglais en 1451, 1452 el 1457. Pour aider à résoudre ce problème, et aussi à cause de l'incertitude sur la forme des pièces, je donne ici les autres compositions anglaises qui se rencontrent dans le ms.

fr. 25458, p. 310.

[A]vens the comyng of may [p.310] That is full of lustynes, |

Let us leve all hevynes

Às fer as we can or may. 4

Now is tvm of myrth and play ; Wvnter weth hys ydyines Is discomfet as y ges, And redy to fle a way.

Ayens etc. 9

Wherfore, ladvs, I vow pray That ye take in yow gladnes, And do all your besvnes To be mery nyght and day.

Ayens etc. 14

IT

[GJo forth myn hert wyth my lady ; Loke that ye spar no besynes

To serve hyr wyth seche lowlynes That ye get hyr grace and mercy.

Pray hyr of tymes pryvely That sche quippe trewly hyr promes.

Go forth etc.

Ï most as a hertles body Abyde alone in hevynes, And ye schal dwel wvth your maistres In plesans glad and mery.

Go forth etc.

TI

[F Jor the reward of half a vere Tow trewe louys upon the brest Hyt ys ynow to brynge yn rest A hert that love hold yn dangerc.

Whene he hath be serve war strangere To hym vs holyday and fest For the etc.

Thou seche hyt be à juel ful dere And a charime for the tempest Yet y conseille hym to be prest And fore ayens the warderere For the etc.

[A las mercy, wher shal myn hert yow fynd ?

Never had he wvth yow ful aqwaintans; Now com to hym and put of hys grevans.

Etys ye be unto yowr frend unkynd!

Mercy, he hath ever yow in hyÿs mynd :

Ons let hym have sum conforth of plesans !

Allas mercy etc

Let hym not dey, but mak at ons amende ;

III, s Ms. vat.

Ja al hys woo an right hevy penans, Noght is the help that whyl not hym avans Slauth hys to me and ever com behynde

Alas mercy etc. 22 | V [Y]e shal be payd after your whylfulnes [p. 312]

And blame nothyng but your mvsgovernans, For when good love wold fayn had yow avans, Then went ye bak wyth wyly frauhyednes. 4

I knew anon your sotyl wylenes And your danger, that was mad for ascans.

Ye schal be etc. 7

Ye might have been my lady and maistres For ever mor withouthyn varians; But now my hert yn Yngland or in France Ys go to seke other nyw besynes.

Ye schal be etc. sn + 12

[Slo fayre, so freshe, so goodely un to se,

So welle dymeynet in al your governans,

That to my hert it is a grete plesans 4 Of your godenes when y remembre me;

And trustyth fully, wher that every be, I wylle abyde undyr your obeyssance.

So fayre etc. | 7

For in my thought, ther is nomo but ve Whom y have servid wythout repentance :

Wherfore y pray yow sethe to my grevance, And put ofyde all myn adversite.

So fayre etc. 12 [O] thou, Fortune, which hast the gouvernance [p.313] Of all thynges kyndely mevyng to se fro ‘

Thaym to demene after thyn ordonnance,

Right as thou lyst to grante han wele or wo;

Syth that thou lyst that I be on of tho

That must be rewlyd be thyn avisines,

Why wylt thou not wythstand myn hevynes ?

V, 4 Msfrairhyednes.

Me thyng thou art unkynde as in thys case,

To suffre me so long a whylle endure

So grete a peyn, wehout mercy and grase,

Wbhich grevyth me right sore, I the ensure.

And syth thou knawst I am that creature

That wolde be favourd be thy gentilles,

Why whylt thou not wythstand myn hevynes? : 14

What causyth the to be myn adversarie ?

J have not done which that schuld the displese,

And yit thou art to myn entent contrarie,

Which makyth alwey my sorous to encrese.

And syth thou wotst myn hert vs not in ese,

But ever in trouble wythout svkvurenes,

Why wylt thou not wythstand myn hevynes ? 21

To the allonly thys compleynt I make

For thou art cause of myn adversite.

And yit I wote welle thou mayst undertake

For myn welfare if that thou lyst agre;

I have no cause to blame no wyght but the,

For thys thou doste of verrey wylfulnes :

Why wylt thou not wythstand myn hevynes ? 28 20. Ms. sykyruenes.

Je dois ajouter que ces pièces ont le caractère des dernières inscriplions que reçut le ms. fr.2$458, qu'elles ne sont ni rubriquées ni enluminées, comme l'ancien fonds commun. L’acrostiche Anne Molins (p. 311) a élé signalé par M. Eleanor Prescot Hammond (Modern Philology, XXII 2, novembre 1924). On sait que Adam Moleyns, doyen de Chichesler, garde du sceau privé, avait élé désigné pour passer en France en 1444 en même temps que Suffolk, pour chercher l'épouse française de Henri VI, Marguerite d'Anjou. Une sœur et une nièce d'Adam de Moleyns portèrent le nom d'Anne. Une branche de celte famille était alliée avec Thomas Chaucer dont Sufolk avait épousé la fille. Suffolk, gardien et ami de Charles, a écrit des vers en français. Est-il pour quelque chose duns les vers anglais conservés d’une manière si énigmatique par Charles d'Orléans ?

Il convient de complèter la collection des chansons par deux pes informes, mais qu’il est bien curieux de rencontrer seulement dans le ms. Harley 7333, fol. 36 vo, entre des compositions de Lydgate et de Chaucer. Est-ce l’amie anglaise de Charles d'Orléans, peut-être Alice Chaucer, la petite-fille du poète et l'épouse de Sufjolk, qui a pu conserver ces deux . morceaux donnés comme une ballade dans le ms. Harleyen? Elle a pu retrouver Charles d'Orléans en France, en 1444, quand elle accompa-

gna à Nancy son mari venu chercher Marguerite d'Anjou, la fiancée de Henre VI (Beaucourt, Hist. de Charles VII, IV, 92).

Balade made by be duc of Orlience

Mon cuer chante joyeuxsement

Quant il luy sovient de la belle :

Tout son pleasre se renouvelle

De Dieu en mieulx certaignement. 4 En esperant que bien breuvement

J'arés quelque bonne novelle,

Donnt je merci Amours et elle

Par chescun jour de foiz plus de cent! 8

Emy las, las, dolant ami,

Que frege des or en avant

Quant j'ai perdue sanz nul recouvrement

Mon bien, m’amour, ma joye et mon ami ? 4 Jamès n’aurev ne bon jour ne demi,

Fors que sussy, payne et tourment,

Pour menz que soit desoubz le firmement,

Joux a la mort je n’aymerois que lui! 8

La première de ces pièces se retrouve dans le Chansonnier du cardinal de Rohan (éd. Lopelmann, p. 310) avec les variantes suivantes : . 3 son plaisir ; 4 De bien en; $ J’ave d'elle bonne; après 6 le refrain Mon cueur elc., puis 2 vers Son gracieux et doulx corps gent À mis hors dangier le rebelle ; 8 chascun jour des foiz;-après & refrain. |

Une autre chanson se rencontre seulement dans À 52 vo et B 116 :

Faire ne puis joyeulx semblant,

Reconfort n’ay qui soit plaisant,

À moi qui suis sans mon amy. z Il a long temps que ne vous vy

Ne le verray, je ne sçay quant.

Faire ne puis, etc. 6

Guerir ne puis du mal qu’ay tant ;

Helas ! emy, jusques a tant

Retournera cellui pour quoy

Faire ne puis etc. 1

Mon cueur si est si deplaisant,

Aussi bien doit estre dolent :

Il m'ayme tant, si fays je lui, 13 Ne le mectray point en oublv,

Et l’amerav, en l’actendant.

Faire ne puis etc. 16

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