‹ Poésies éditéesChapitre 12 sur 183 · RONDEAUX, XXXI, 5 — XXXV · texte numérisé non relu

RONDEAUX, XXXI, 5 — XXXV

En deffassant la tresamee | Ymage de plaisant doulceur, - Dedens [mon Livre de Pensee.] 7

Helas! ou l’a mon cueur trouvee ?

Lez grossez gouttez de sueur Lui saillent, de peinne et labeur Qu'il y prent, et nuit et journee,

Dedens [mon livre de Pensee!] . 12 N regardant ces belles fleurs [p. 368]

Que le temps nouveau d’Amours prie, Chascune d'elles s’ajolie "Et farde de plaisans couleurs. 4

T'ant enbasmees sont de odeurs Qu'il n’est cueur qui ne rajeunie, En regardant [ces belles fleurs.] 7

Lez oyseaus deviennent danseurs Dessuz mainte branche flourie, Et font joyeuse chanterie, De contres, deschans et teneurs, En regardant [ces belles fleurs.] 12

XKXV

Gr feu ne fut sans fumee, Cp. 369!

Ne doloreus cueur sans pensee,

CHARLES D 'ORLÉANS

Ne reconfort sans esperance, Ne joyeus regart sans plaisance, Ne beau soleil qu’aprez nuee.

J'ay tost ma sentence donnee, De plus sachant soit amendee, J'en dy selonc ma congnoissance :

Onquez !feu ne fut sans fumee.]

Esbatement n’est sans risee, Souspir sans chose regretee, Souhait sans ardant desirance, Doubte sans muer contenance, C’est chose de vray esprouvee :

Onquez [feu ne fut sans fumee.] 1j XXKVI HANTEZ Ce que vous pensés, [p. 370]

Moustrant joyeuse maniere, Ne la vendez pas si chiere, | Trop envis la despensés. 4

Or sus, tost vous avancés, Laissez coustume estrangiere, Chantez [ce que vous pensés.] 7

[T Jous noz menus pourpensés Descouvrons, a lje chiere, L'un à l’autre, sans priere.

J'acheveray : commencés.

Chantez {ce que vous pensés!! 2

RONDEAUX, XXXV, 2 — XXXVIIL, 10 311

G°è qui cuident estre si sages [p.371

Qu'il pensent plusieurs abestir, Si bien ne se sauront couvrir Qu'on n’aperçoive leurs courages. à

Payer leur fauldra lez usages De leurs becz jaunes, sans faillir, Gens [qui cuident estre si sages !]

On scet par anciens ouvrages, De quel mestier scevent servir; Melusine n’en peut mentir,

Elle les congnoist aux visages,

Gens [qui cuident estre si sages. | 12 UANT j'ay ouy le tabourin [p. 372!

Sonner pour s’en aler au may, En mon lit fait n’en ay effray Ne levé mon chef du coissin. 4

En disant : il est trop matin, Ung peu je me rendormiray, Quant j'ay ouy [le tabourin.] 7

| Jeunes gens partent leur butin :

De Nonchaloir m’acointeray, - À lui je m’abutineray ;

CHARLES D'ORLÉANS

Trouvé l’ay plus prochain voisin,

Quant j'ay ouy [le tabourin!]

| Il E premier jour du mois de may,

De tanné et de vert perdu,

Las ! j'ay trouvé mon cuer vestu,

Dieu scet en quel piteux array !

“P'autost demandé je lui ay Dont estoit cest abit venu,

Le premier jour [dù mois de may.]

Ï1 m’a respondu : « Bien le sçay,

Mais par moy ne sera congneu ; Desplaisance m'en a pourveu, Sa livree je porteray,

Le premier [jour du mois de may. »]

E riens ne sert a cueur en desplaisance, p. 374]

Chanter, danser, n’aucun esbatement,

Il lui souffit de povoir seulement

Tous jours penser a sa male meschance.

Quant il congnoit qu’en hazart gist sa chance,

Et desir n’est a son commandement,

De riens [ne sert a cueur en desplaisance.]

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